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Rêve du 1er janvier 2017

Ce matin au réveil, j’ai rêvé de chrétiens qui se rencontraient dans la rue ou sur des places et qui se tenaient par la main en cercle. Au début, c’était de simples petits groupes de 10-15 personnes parlant du Christ entre elles, mais sans évangéliser.
Un peu plus tard, des leaders encourageaient à se prendre par la main, et ce groupe s’ouvrait pour intégrer dans la farandole toutes les personnes rencontrées. Finalement, il y eut un groupe compact très important et indénombrable qui avait sa propre dynamique et qui avançait en se donnant tous la main. Plus personne ne pouvait le diriger, c’était un corps avec sa vie propre.
Je ne sais pas si c’est pertinent pour le sens du rêve, mais à la fin je discutais avec une personne qui faisait des recherches sur les mouvements chrétiens actuels significatifs. Il me parlait du Saint-Esprit qui faisait des trous dans l’histoire passée de certains peuples et qui leur permettait ainsi d’avoir un futur ouvert et non dépendant du passé.

Là, je me suis réveillé, avec la lucidité que j’ai lors de rêves spirituels, très différente de celle que j’ai normalement le matin à ce moment. Mais de manière inhabituelle, je n’avais pas d’explication ou d’interprétation à mon rêve. Je l’ai reçue lors de la cène du culte matinal. Les premiers petits groupes étaient des chrétiens qui priaient les uns pour les autres et qui se bénissaient mutuellement. Ils ont ouvert leurs groupes à d’autres qui sont entrés dans cette dimension de bénédiction mutuelle et cela a commencé à croître de manière explosive, cet engagement réciproque se manifestant par les mains données et tenues.

En priant plus tard à ce sujet, je me suis rappelé que tout jeune chrétien, il y a environ 45 ans, j’avais rêvé que dans mon groupe de prière que nous entourions à tour de rôle chacun des participants en priant pour lui.
Je crois que la signification de ce rêve est la suivante. Quand nous commencerons à prier les uns pour les autres en nous bénissant mutuellement dans toutes les dimensions de nos vies, santé physique, mentale et relationnelle, croissance spirituelle, travail, études… il y aura une puissance de bénédiction que rien ne pourra arrêter. Cela peut être pour cette année vu la date de ce rêve.

Je vous soumets cela, avez-vous entendu parler de directives similaires.

Votre frère Désiré

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Prédication sur Matthieu 18 : 15-22 (là où 2 ou 3…)

Partage de quelques prédications particulièrement pertinentes du pasteur Étienne Roulet dont voici la seconde.

Textes bibliques : Lévitique 19 : 15-18 / II Corinthiens 5 : 18-20 / Matthieu 18 : 15-22

Voici encore un passage hyper connu (Matthieu 18 : 15-22) … et souvent mal compris ! On pense que « là où 2 ou 3 s’accordent dans la prière » rend la prière de groupe plus efficace, on utilise « là où 2 ou 3 sont rassemblés en mon nom » pour se consoler de n’être que quelques- uns à la réunion du groupe de maison, on applique « tout ce qui sera lié ici-bas… » au mariage, et on justifie les exclusions par « considérez-le comme un péager » ! C’est le contexte du ch. 18 qui éclaire ces versets : l’offense et le pardon. Que fait-on lorsqu’il y a une faute qui a fait souffrir quelqu’un ou la communauté ?

D’abord aller rencontrer, l’offensé est aussi un pécheur pardonné (cf.la brebis perdue, juste avant). Non pas pour « dire ses 4 vérités », ce qui coupe la relation. Mais pour mettre le problème à découvert et que l’autre écoute, voie la réalité. C’est difficile de faire face sans se démonter, de rappeler des épisodes douloureux sans amertume ni jugement. D’où la « feuille de route » de Jésus : d’abord seul à seul (discrétion, laisser une chance), puis si l’autre n’entend pas, retourner à 2 ou 3 (témoins), enfin devant la communauté, entre chrétiens. Tout cela pour « gagner » l’autre, qu’il puisse lui aussi sortir du cycle du mal et découvrir la joie d’être libéré du poids de l’offense. Le passage de Lévitique 19 insiste sur « n’hésite pas à réprimander », mais « n’aie pas de haine ou de rancune », c’est ainsi que « tu aimeras ton prochain ».

Etre 2 ou 3, ce n’est pas pour faire pression, mais pour objectiver le conflit et contrôler les émotions, permettre à l’autre aussi d’être entendu. Et devant l’Eglise aussi : il ne s’agit pas d’excommunier mais de donner une dernière chance à la réconciliation, et pour ne pas être seul à porter le poids. Et si çà ne marche pas ? Attention à « traite-le comme un païen » ! Il ne s’agit pas de mépriser et d’éjecter, mais de faire comme Jésus, pour qui toute « brebis perdue» est précieuse, objet de sollicitude particulière, à rechercher inlassablement. L’important est que l’offensé ait pu déposer le poids et s’en remettre à Dieu pour suppléer à une relation non rétablie.

On arrive au verset central (v. 18-20), qui débute par « amen, amen, je vous le dis » : « tout ce que vous lierez » signifie « tous les nœuds non défaits » (relations bloquées), et le mot pardon veut dire « délier, laisser aller ». Pardonner est la capacité à lâcher prise, au contraire d’un effort de volonté surhumain. Et si nous commençons à défaire les nœuds, Dieu fera le reste. De même « si 2 s’accordent » et si « 2 ou 3 se réunissent » : à comprendre dans ce contexte de recherche de pardon. Littéralement « si 2 font symphonie », donc si les 2 parties demandent ensemble la réconciliation dans la prière. Alors « cela adviendra » (verbe de la Genèse ). Et si 2 ou 3 s’assemblent et s’accueillent (le 3ème étant celui a qui on a recours, image de la communauté) en mon nom (allusion à la prière), alors « je suis au milieu », là où était la blessure et le conflit. Le Christ prend la place de l’offense (cf. la croix).

Le pardon n’est pas une action unilatérale, il doit toujours être réciproque, fruit d’une libération personnelle, qui compte sur Dieu pour prolonger le lâcher prise, et qui reçoit le don de réconciliation du Christ (cf. II Corinthiens 5 : 19). Alors le pardon est une chance, une grâce toujours offerte, il suffit de commencer à « défaire les nœuds ». Amen.

Étienne Roulet

 

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L’apôtre Junia. La femme et le ministère dans le Nouveau Testament à la lumière de Romains 16… Par Dr. Valérie Duval-Poujol

L’apôtre Junia. La femme et le ministère dans le Nouveau Testament à la lumière de Romains 16[1] Dr Valérie Duval-Poujol[2] La révélation biblique met en avant de nombreuses femmes ayant servi Dieu…

Source: L’apôtre Junia. La femme et le ministère dans le Nouveau Testament à la lumière de Romains 16… Par Dr. Valérie Duval-Poujol

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Un Réveil ou le Royaume de Dieu?

Beaucoup prient et croient à un réveil proche ou même à une nouvelle réforme, et s’attendent à de grandes choses.
Mais je crois qu’il y a quelque chose de plus profond qui est déjà là. Comme nous nous attendons à quelque chose de semblable aux mouvements de l’Esprit passés, nous ne voyons pas ce qui est, simplement parce que c’est encore discret, en germe, mais néanmoins bien là.

«Les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le Royaume de Dieu. Il leur répondit: Le Royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point: Il est ici, ou: Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous.» Luc 17:20-21.

Je crois que le peuple de Dieu avait perdu de vue la réalité du Royaume en le reléguant dans le futur ou en le confondant plus ou moins avec l’Église. Alors que l’Évangile est la proclamation et la démonstration de la présence du Royaume et l’annonce que Jésus a été intronisé Roi.
Je vois des transformations profondes dans toute l’Église, car la réalité du Royaume est redécouverte. Beaucoup de conceptions traditionnelles fermement ancrées sont en train de tomber et des vérités bibliques occultées ou déformées reviennent en lumière.
Cela ne va pas commencer par des choses éclatantes comme dans les réveils passés, mais il va y avoir une compréhension progressive de toutes les dimensions du Règne de Dieu et de leurs expressions sur la Terre. La mentalité de retraite et de repli qui a amoindri et infecté l’Église depuis plus d’un siècle est en train de s’écrouler et nous redécouvrons un Évangile conquérant qui infiltre tous les domaines de la société humaine, car Jésus EST Seigneur des seigneurs et Roi des rois. C’est une conquête de grâce et d’amour, une conquête s’exprimant le salut multidimensionnel acquis une fois pour toutes par la victoire de Jésus-Christ sur les puissances des ténèbres et de la mort.
Notre responsabilité est d’annoncer la lumière qui a vaincu les ténèbres, d’annoncer la vérité qui libère de tous les mensonges.
La dynamique (la dynamite) du Royaume est redécouverte et elle va changer la face de l’Église et du Monde.

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L’Eglise va-t-elle crever la bouche ouverte ?

Le texte parle de l’église catholique, mais je pense que nous avons tous quelque chose à en retirer.

L’important n’est pas de réussir, ce qui ne dure jamais, mais d’avoir été là, ce qui est ineffaçable (Jacques Maritain)

Source: L’Eglise va-t-elle crever la bouche ouverte ?

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Évangéliser?

On nous appelle souvent à évangéliser sur la base des derniers versets de l’Évangile de Matthieu. Mais parlent-ils vraiment de cela ?

« Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre.

Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.

Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Matthieu 28:18-20, LSg.

Visiblement, le mot évangéliser et ses dérivés ne s’y trouvent pas. Le concept central est de faire des disciples et de les enseigner à mettre en pratique les paroles de Jésus.
Le mot et l’idée de salut ne s’y trouvent pas non plus.
L’appel n’y est pas à croire, mais à agir, à vivre en conformité avec la volonté de Dieu.

Le problème actuel des églises, en particulier évangéliques, ne serait-il pas justement d’avoir substitué à la notion de disciples, celle de sauvés ou de convertis.
En annonçant et en vivant un évangile au rabais ou un évangile dénaturé, nous produisons des chrétiens au rabais et dénaturés, ayant peut-être même pas l’apparence de la piété (2Ti 3:5).

Comment Dieu pourrait-il bénir un tel évangile et le confirmer par des signes et des prodiges : « Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté. » Hébreux 2:4, LSg.
Comment le monde pourrait-il nous prendre au sérieux s’il ne nous voit pas vivre les enseignements de Jésus ?

Il est grand temps de relire les Écritures loin des clichés doctrinaux réducteurs qui nous en voilent le sens.

Que le Seigneur vous bénisse et qu’il renouvelle votre intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »  Selon Romains 12:2.

Votre frère Désiré.

 

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L’église

(Je partage ici ce texte d’un ami, trouvé dans le groupe FB «Église organique» https://www.facebook.com/groups/egliseorganique/)

L’église n’est pas une entité indépendante en soi et extérieure aux personnes, une institution, une organisation simplement humaine et religieuse, un lieu où l’on va, un ensemble d’activités, une association dans laquelle les gens vont ou font quelque chose, dedans, avec ou pour, mais l’église ce sont les gens eux-mêmes. Si l’église est «quelque chose» auquel on appartient ou dans lequel on s’investit, si elle est une dénomination, un système de dogmes, de doctrines, de pratiques définies et de hiérarchie humaine, elle devient autre chose que l’Église de Christ, le corps vivant par l’Esprit de Dieu, elle devient un système religieux, un système organisé, cadré qui empêche la vie spirituelle de Christ de se développer dans les personnes. Or, Jésus est venu nous libérer, même de cela. Nous ne devons pas aller à l’église, ni nous investir dans l’église, ni faire quelque chose pour l’église, parce que l’église n’est pas à l’extérieur de nous, l’église, c’est nous. Occupons-nous donc les uns des autres, arrêtons d’organiser des activités, mais prenons plutôt soin les uns des autres, prions ensemble, chez les uns, chez les autres, partageons la Parole mutuellement, partageons le pain et le vin dans les maisons, partageons nos biens, aidons les plus pauvres, témoignons de la résurrection de Christ spontanément autour de nous sans investissement financier, louons Dieu avec simplicité plutôt que par professionnalisme. L’église n’est pas une organisation qu’on contrôle et qu’on dirige hiérarchiquement, elle est un corps vivant, vivant de l’Esprit de Dieu. Et il est dit de l’Esprit qu’on ne sait pas d’où il vient ni où il va. On ne peut donc prévoir comment l’Esprit va conduire l’Église. Partageons, soyons à l’écoute les uns des autres, soutenons-nous, prions les uns pour les autres. Lisons les Écritures. Retrouvons cette vision-là, retrouvons ce chemin-là. La vie d’un organisme spirituel et non d’une organisation terrestre.

L’église telle qu’elle fonctionne actuellement – selon un encadrement hiérarchique et doctrinal, selon un mode de réunions organisées et répétitives – est un obstacle à une bonne compréhension des Écritures, à la croissance spirituelle et à la vie du corps de Christ conduit par l’Esprit.

Nous ne devons pas seulement redéfinir ce que devrait être la forme de l’église dépouillée du fonctionnement religieux, mais également saisir de nouveau la pensée de Jésus et des apôtres que nous trouvons dans les textes de la Nouvelle Alliance, comprendre clairement ce qu’ils ont voulu enseigner, d’en percevoir la portée spirituelle et d’entrer dans la dimension de vie que cela implique. Nous devons vivre selon cette nouvelle alliance et non selon d’autres principes et d’autres schémas qui se sont mis en place au cours de l’histoire de l’église.

L’église est en réalité un organisme vivant de la vie de Dieu, une vie réelle et spirituelle, conduit par l’Esprit de Dieu dans les personnes elles-mêmes chacun étant appelé à grandir, mûrir, devenir adulte spirituellement, en Christ. C’est cette dimension spirituelle qui manque aux assemblées et dénominations qui ne fonctionnent plus que sur des conceptions doctrinales et morales, sur des activités et organisations humaines et sur une compréhension incomplète de la nouvelle alliance en Jésus-Christ. Cela génère toutes sortes de faiblesses, de manques, d’erreurs, d’abus, de jugements, d’absence de cœur. L’église, c’est la vie de Dieu manifesté dans des personnes par son Esprit et ce n’est possible que sur la base d’une transformation intérieure, un changement de vin (la vie nouvelle, la vie de Dieu) dans un changement d’outre (un Homme nouveau, le second Adam). Ce n’est le fruit, ni des efforts humains, ni des doctrines, ni de la morale, ni des organisations, ni du contrôle et des dominations hiérarchiques, mais c’est le fruit de l’arbre de vie: la croix de Jésus-Christ.

Galates 2; 20.

Que Dieu nous aide à ramener son église à ce qu’elle devrait vivre. Didier Millotte – mai 2014.

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14 manières fréquentes de tordre l’Évangile (Howard Snyder)

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HOWARD SNYDER

14 manières fréquentes de tordre l’Évangile

Posté le 3 janvier 2014 par Howard Snyder

1. Interpréter l’Évangile principalement par l’épître aux Romains.

Les écrivains bibliques, y compris Paul, nous disent d’étudier l’ensemble des Écritures et de les interpréter à travers de cette globalité. Mais la tendance persistante à voir l’épître aux Romains comme la clé de toute l’Écriture persiste. Et l’Église et le monde en souffrent. (Voir mon article sur Seedbed, « Misplacing Romans » {Mal situer l’épître aux Romains}.)

2. Se concentrer uniquement sur « le salut personnel. »

La Bible n’enseigne pas le « salut personnel » de la façon individualiste et privée que cette expression en est venue à signifier. Au contraire, elle enseigne de multiples façons et au travers de nombreuses métaphores la réconciliation de toutes choses (par exemple, Éphésiens 1, en particulier le verset 10 : « … réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la Terre. » 1:10, LSg, et Colossiens 1, en particulier le verset 20 : il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.) – néanmoins pas sans jugement.

3. Faire du Ciel le but.

La Bible et les credo des premiers chrétiens ne disent rien sur « aller au Ciel ». Pourtant, cette phrase est devenue pratiquement synonyme de salut dans bien des esprits. La Bible se concentre sur l’accomplissement de la volonté de Dieu sur la Terre comme au Ciel, et de la rédemption ultime de toute la création, pas une scission cosmique éternelle entre la Terre et le Ciel.

4. La division entre clergé et laïcs.

C’est l’un des premiers signes du « mystère de l’iniquité » dans l’Église. Une fois que Satan nous a convaincus que seulement quelques-uns (et principalement des hommes d’un certain type) sont appelés dans « le ministère, » il a réduit l’efficacité de l’Église de nonante pour cent. La division entre clergé et laïcs est donc plus débilitante que tout autre préjudice dans l’Église. Elle porte atteinte à la doctrine biblique du sacerdoce des croyants, celle des dons de l’Esprit, et celle de l’appel universel à la diaconie (ministère, service).

5. Penser que l’économie et la politique ne sont pas directement des préoccupations liées à l’Évangile.

Cloisonner l’Évangile de l’économie et de la politique, en les situant en dehors de notre vie de disciple, est un dualisme non biblique. L’Évangile est une réalité économique et politique, alors par définition l’Église est autant économique que politique. Mais, l’économie et la politique doivent être interprétées à la lumière de l’Évangile, et non l’inverse. Le Royaume de Dieu en est le cadre général.

6. Rendre la communauté secondaire.

Les auteurs du Nouveau Testament se concentrent beaucoup plus sur la communauté, sur le corps du Christ, sur le fait que nous sommes membres du Jésus-Christ et par conséquent les uns des autres, que sur n’importe quel autre sujet. Moins la communauté est authentique au sens biblique de partage mutuel, de koinonia, plus les différences doctrinales viennent au centre et plus l’Église se concentre sur toute autre chose que la communauté. C’est pourquoi je traite tellement de ce sujet dans mon livre Community of the King (la communauté du roi) et dans d’autres.

7. Négliger l’Ancien Testament.

Ici, les deux erreurs les plus courantes sont : négliger l’holisme des desseins salvifiques de Dieu tels que révélés dans l’Ancien Testament, et accepter le mythe que toutes les vérités importantes de l’Ancien Testament deviennent « spiritualisées » dans le Nouveau. Ainsi, « terre promise », par exemple, vient à signifier « ciel » ou, une certaine expérience spirituelle intérieure. Quand cela se produit, les prédicateurs creusent l’Ancien Testament à la recherche de pépites « spirituelles » qui ont souvent peu à voir avec le contexte biblique historique et avec le sens.

8. Limiter la justice à la droiture personnelle.

Dans l’Ancien Testament, les Psaumes, les Prophètes, la Loi, la Sagesse, couplent constamment la justice et le droit as comme les deux faces de la même réalité globale. Notez, par exemple, le nombre de fois que la justice et le droit sont couplés et utilisés de manière presque interchangeable dans la poésie hébraïque.

Pourtant, l’Église les sépare souvent de différentes manières ; par exemple le droit parle de moralité personnelle et la justice de quelque chose dont Dieu prend soin lui-même grâce à l’expiation et/ou à une condamnation définitive. C’est carrément non biblique.

9. Négliger l’intercession.

Plus je lis sur la prière dans la Bible, sur Moïse, David, Les Prophètes, Job, sur la vie et l’exemple de Jésus, les Épîtres, plus je suis convaincu que l’Église en général et moi-même, nous avons négligé le ministère essentiel de l’intercession. Au travers du mystère de la prière et de l’Esprit de Dieu, l’intercession persévérante du peuple de Dieu peut (et souvent le fait) changer le cours de l’histoire et celui des relations entre les nations et entre les peuples et entre les religions, tout aussi bien que rejoindre nos besoins plus immédiats et personnels.

La prière d’intercession est un des principaux moyens de chercher d’abord le royaume de Dieu.

10. Des « croyants » à la place de disciples.

Jésus appelle et forme des disciples afin que le corps du Christ devienne une communauté de disciples du Royaume de Dieu. Le Nouveau Testament utilise rarement le mot « croyants ». Aujourd’hui, cette réalité est déformée par la tendance d’utiliser « croyants » au lieu de « frères » dans les traductions modernes (ceci afin d’être plus inclusives) ou alors d’utiliser des pronoms comme « eux ».

Ce qui importe n’est pas le nombre de croyants, mais le nombre de disciples, et par conséquent le ministère de faire des disciples.

11. Substituer le royaume de Dieu par le Ciel.

Dans la Bible, le Royaume de Dieu englobe la réalité, la souveraineté et l’amour de Dieu. Il ne s’y trouve aucun dualisme esprit/matière. La plupart des gens du temps de Jésus le comprenaient ; ils savaient, par exemple, que « Royaume des cieux » dans Matthieu était juste une manière différente de dire « Royaume de Dieu ».

Dans la Bible, nous voyons le royaume de Dieu comme étant à la fois présent et futurs, céleste et terrestre, personnel et social, soudain et graduel, intérieur et extérieur, dans une dialectique mystérieuse avec l’Église qui est en elle-même ni le royaume de Dieu, ni séparable du royaume de Dieu.

12. Réduire la foi à un seul domaine de nos vies.

Nous compartimentons. Notre marche chrétienne se réduit seulement à une part de nos vies, et cette part est souvent réduite à ce que nous croyons.

Mais, à présent, demeurent : la foi, l’espérance et l’amour – et la Bible indique clairement ce qui est le « plus grand » et le plus englobant des trois. Selon l’Évangile, la foi n’est pas la réalité ultime, elle est le moyen menant à aimer Dieu et les autres ainsi que toute la création divine avec tout notre être. Et ceci 24/7, comme on dit.

La Bible présente la foi agissant par l’amour ; l’amour étant activé par la foi et actionné par l’espérance – une confiance intégrale dans les étonnantes promesses de Dieu d’un plein-salut-pour-toute-la-création.

13. Ignorer Genèse 9.

Il y a une immense littérature sur la théologie de « l’alliance » ou « fédérale » (du latin « alliance »). Pourtant, curieusement, cette théologie commence presque toujours par l’alliance de Dieu avec Abraham (avec peut-être une allusion à Genèse 3:15). Pourtant, la première alliance biblique explicite se trouve dans Genèse 9, où Dieu établit son « alliance entre Lui et la Terre » (Genèse 3:13).

L’accent est explicite et répété : une alliance avec les humains et avec toutes les sortes d’êtres vivants. Si notre compréhension du salut saute de Genèse 3 à Genèse 12, nous ratons les enseignements bibliques essentiels sur le monde créé et cela déforme tout le reste de la Bible.

14. Divorcer la vie de disciple du soin de la création.

Quand nous négligeons ou déformons la révélation biblique sur monde créé, nous réduisons l’Évangile de beaucoup par rapport aux les promesses de la Bible. Nous le faisons à notre propre perte ; nous appauvrissons l’Église ; nous surspiritualisons l’expérience chrétienne et nous réduisons la dynamique de la mission chrétienne.

Quand on voit comment la vie de disciples et le soin de la création sont inséparablement liés dans le plan de Dieu, l’Église devient puissante avec patience et humilité « pour renverser des forteresses » (2 Cor 10:4).

Il y a, bien sûr, beaucoup d’autres façons de tordre l’Évangile. Chaque fois que nous détournons notre regard de Jésus-Christ et que nous interprétons l’Évangile à travers d’autres lunettes, nous avons des problèmes.

Utilisez le verbe que vous souhaitez : tordre, déformer, fausser, miner, neutraliser, châtrer, émasculer, annuler, dépouiller – le problème persiste et appelle à une vie de disciple basée attentivement sur la Bible, et christocentrique.

Le Saint-Esprit a été répandu à la Pentecôte, mais déjà dans le Nouveau Testament, nous voyons les Apôtres luttant contre des distorsions émergentes.

Et pourtant, souverainement, étrangement, l’Esprit de Dieu est à l’œuvre et il continuera à remplir les promesses et à guider le corps du Christ dans « toute la vérité » (Jean 16:13) jusqu’à ce que « la Terre [soit] remplie de la connaissance du Seigneur, comme les eaux couvrent la mer » (Ésaïe 11:09).

Howard Snyder

Ancien professeur d’histoire et de théologie missionnaire du Asbury Theological Seminary (1996-2006); il fait maintenant de la recherche et la rédaction à Wilmore, au Kentucky. Professeur d’Études wesleyennes, au Tyndale Seminary, à Toronto, 2007-2012. Auparavant il a été ensaignant et pasteur à São Paulo, au Brésil à Detroit, au Michigan; et à Chicago, dans l’Illinois. Le principal intérêt du Dr Snyder est la puissance et la pertinence de Jésus-Christ et de son royaume dans le monde d’aujourd’hui et de demain. Il a, entre autres, écrit : The Problem of WineskinsCommunity of the King, et plus récemment, Salvation Means Creation Healed.

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Est-ce que l’homosexualité pose une question fondamentale (à la foi chrétienne)? (Howard Snyder)

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Est-ce que l’homosexualité pose une question fondamentale?

Posté le 13 septembre 2012 par 

Est-ce que l’homosexualité pose une question fondamentale à la foi chrétienne? Est-ce une question de fidélité doctrinale? Ou est-ce essentiellement une question de droits de l’homme; le sujet actuel de la longue bataille qui a progressivement donné la liberté aux esclaves et travaillé pour l’égalité des femmes et des autres victimes de discrimination?

C’est une question difficile. Les chrétiens bibliques affirment l’égalité de tous les êtres humains créés à l’image de Dieu. Nous devrions travailler pour mettre fin à l’oppression et l’injustice ; nous devrions aider chacun à profiter de la pleine liberté de l’Evangile de Jésus-Christ.

Qu’en est-il alors, de l’homosexualité et des pratiques homosexuelles?

J’ai acquis la conviction que c’est en effet une question fondamentale pour la foi et le témoignage chrétien. C’est plus qu’une question de droits et de liberté. Cela porte sur des fondements de la doctrine chrétienne.

Voici quatre raisons pour lesquelles l’acceptation ou non-acceptation de la pratique homosexuelle est une question fondamentale pour la foi chrétienne.

1. Le témoignage de l’Écriture

Qu’est-ce que la Bible enseigne?

Dans son livre Slaves, Women & Homosexuals: Exploring the Hermeneutics of Cultural Analysis (InterVarsity, 2001 – esclaves, femmes & homosexuels : explorer les herméneutiques de l’analyse culturelle), le bibliste William J. Webb fait une constatation décisive. Webb examine attentivement la « direction du mouvement dans la Bible » sur une série de questions « comme critères pour interpréter aujourd’hui la vérité biblique . » Ses sujets d’analyse particuliers, comme son titre l’indique, sont l’esclavage, les femmes et l’homosexualité.

Quand il s’agit de esclaves et des femmes, Webb montre que la trajectoire de la révélation biblique est toujours vers une plus grande liberté, vers moins de restriction et de discrimination. Comme il le dit, les textes bibliques traitant des femmes et des esclaves deviennent «en général» progressivement moins restrictifs » ou [montrent un]« adoucissement » par rapport à la culture au sens large, tandis que les textes de l’homosexualité sont« plus restrictif »ou [démontrent un]« durcissement »par rapport au milieu environnant »(p. 83). Une série d’autres critères herméneutiques confirment cela, dit-il.

En d’autres mots: Alors que la Bible nous présente une «trajectoire» herméneutique vers une plus grande liberté (moins de restrictions) pour les femmes et les esclaves, à la fois dans l’Écriture et par rapport au contexte culturel, une telle trajectoire ne se trouve pas dans le cas de la pratique homosexuelle. Dans toute la Bible, Ancien et Nouveau Testament, la pratique homosexuelle est interdite et considérée comme péché.

Webb indique ceci de manière plus explicite dans la conclusion de son livre: «les textes sur l’homosexualité sont d’une catégorie différente de ceux sur les femmes et sur l’esclavage. Les premiers sont presque entièrement transculturels dans leur nature, alors que les autres sont fortement liés à la culture. Cette réalité fournit une réponse décisive aux défenseurs des homosexuels qui disent que les dimensions culturelles des textes sur les femmes et sur l’esclavage devraient conduire à l’acceptation de l’homosexualité. L’analyse de l’ensemble de la révélation biblique montre la différence fondamentale entre la question des femmes et la question de l’homosexualité» (p. 252, souligné dans l’original).

L’homosexualité est donc fondamentalement différente des questions de l’esclavage et du rôle des femmes. Étant donné que l’homosexualité va au cœur même de l’identité humaine, elle n’est pas, d’un point de vue chrétien, premièrement une question de droits civils. Dans la société civile, toutefois, les droits des homosexuels deviennent une question légitime.

En d’autres termes, la Bible (et donc l’Église chrétienne) , par définition, reconnaît et défend un niveau différent et plus élevé de comportement moral que ne le fait une société civile qui est en droit neutre et «laïque» à l’égard de la religion.

Nous nous empressons d’ajouter, toutefois, que le commandement biblique d’aimer est d’un plus haut niveau de vérité et d’éthique que l’interdiction des pratiques homosexuelles. La bonne façon de concilier cela est théoriquement clair, bien que difficile dans la pratique : les chrétiens doivent montrer un amour sans bornes envers les personnes homosexuelles, tout en n’acceptant ne pas les pratiques homosexuelles comme admissibles dans le cadre de la sainteté chrétienne et de la vie de disciple.

Est-ce la même chose que dire : « haïr le péché , aimer le pécheur ? » Oui, mais avec deux conditions. Tout d’abord, l’exemple de Jésus montre très clairement que les chrétiens sont ceux qui parfois traînent et mangent avec les pécheurs et les parias. Deuxièmement, nous nous rappelons qu’en lui-même un péché homosexuel n’est pas plus grand qu’un péché hétérosexuel.

La condamnation biblique constante des pratiques homosexuelles, contrastant avec les questions des esclaves et du rôle des femmes, nous laisse avec un argument qui est incontestable, si l’on ne compromet pas l’autorité de la Bible.

2. La Question de la vie de famille

Trois raisons supplémentaires pour lesquelles l’homosexualité est une question fondamentale pour les chrétiens, en commençant par la question de la stabilité familiale:

Une société qui tolère les pratiques homosexuelles et les familles homosexuelles peut-elle être stable ? Peut-être, bien que je ne pense pas que cela ait déjà été essayé dans l’histoire humaine.

Mais la santé de la vie familiale et celle de la société au cours des générations demande de continuer à voir la pratique homosexuelle comme moralement choquante d’un point de vue chrétien, même si elle est tolérée dans la société (comme c’est de plus en plus le cas dans le monde occidental).

La raison est la suivante: le plan de Dieu tel que révélé dans l’Ecriture est lié avec les familles et avec le maintien de l’alliance de fidélité au fil des générations. (On notera l’insistance biblique sur «générations», qui je commente dans Salvation Means Creation Healed {Le Salut implique la guérison de la création}.)

Une société saine et encore plus une vie d’église saine, dépendent d’une vie familiale saine. L’église est la famille de Dieu et la famille chrétienne est l’église de Dieu.

Certes, Jésus n’a pas fondé sa première communauté des disciples sur des unités familiales biologiques. La sororité et la fraternité chrétienne transcendent la sororité et fraternité biologique. Néanmoins, la Bible et l’Évangile enseignent clairement que l’unité familiale biologique (homme et femme unis et normalement procréatifs) est fondamentale dans le plan de Dieu et dans la formation et la fidélité générationnelle de son peuple. « Pour cette raison, un homme doit quitter son père et mère et s’attacher à sa femme, et les deux deviennent une seule chair » (Mt. 19:5; cf Gen 2:24).

Considérez également les nombreuses injonctions bibliques à « enseigner à vos enfants » les voies du Seigneur (par exemple, Deut. 11:19). Cela implique deux choses: Que les hommes et les femmes (habituellement) se marient et ont des enfants, et qu’ils doivent leur apprendre ce que la Bible dit à propos des relations sexuelles et entre genres. Si ces deux choses ne se font pas, manifestement la société va dévier de la voie de Dieu.

L’église est fondée en grande partie (mais pas exclusivement) sur le mariage et la vie de famille, et une société saine et stable se construit en grande partie sur les familles chrétiennes saines et stables. Maintenir des normes bibliques de relations sexuelles et entres genres contribue à la stabilité sociale au fil des générations.

3. L’image de Dieu

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il les créa» (Gen 1:27 ), avec une pleine égalité, avec la tâche de «diriger » et de gérer conjointement la terre .

La création de l’homme à l’image de Dieu est un fait extrêmement important, pratiquement et théologiquement, comme John Wesley la exprimé si profondément. Elle a des implications essentielles pour le salut, pour la sainteté et pour la nouvelle création. Elle est pertinente dans la question de l’homosexualité.

La création de l’homme comme mâle et femelle est en quelque sorte le reflet de l’unité et la diversité de la Sainte Trinité. Lorsque le Dieu tripersonnel crée, l’humanité sexuée est un résultat capital. La profonde unité-dans-la-diversité de la Trinité est dans un sens dérivé, reflétée dans l’unité-dans-la-diversité de la famille humaine — mère, père, progéniture. Dieu est au-delà des sexes, mais la richesse de la vie trine génère la distinction entre les sexes à l’intérieur de l’unité de la personnalité humaine.
Ce fait en lui-même ne résout pas toutes les questions concernant l’homosexualité (comme certains conservateurs semblent le penser). Cependant, cela donne du poids du côté de la morale biblique, avec son interdiction de la pratique homosexuelle.

La création humaine sexuée à l’image de Dieu est une question centrale sur l’identité humaine. En clair, cela établit une norme biblique pour les personnes, les familles, les sociétés et de la culture. C’est un fondement des alliances bibliques. Les enseignements continus de l’Écriture en matière d’éthique sexuelle (soit hétéro, soit homo) s’intègrent ainsi naturellement et logiquement dans la cohérence du plan du salut révélé par la Bible.

Puisque le salut signifie la guérison de la création, dans sa plénitude il signifie toujours également la guérison dans le domaine de l’égalité des relations entre genres, à court terme et / ou à long terme, ceci dans la plénitude du plan et des dessins de Dieu.

4. Identité et témoignage contre-culturel

L’église, dans sa défense des voies de Dieu, est toujours contre-culturelle sur certains points clés. Ces points varient avec le temps et avec les contextes socioculturels. Aujourd’hui, un point essentiel de l’identité et du témoignage contre-culturel concerne l’homosexualité.

Il ne sert à rien d’être contre-culturel juste pour le plaisir d’être contre ou différent (ce que l’église oublie parfois). Dans chaque contexte, l’église est sous certains aspects culturelle, dans d’autres sous-culturelle, et dans d’autres encore contre-culturelle. La question clé est toujours: Qu’est-ce que la fidélité à Jésus-Christ et à l’Alliance de Dieu et au Royaume signifie maintenant, dans ce contexte particulier?

Aujourd’hui, en Occident, mais également de plus en plus mondialement, l’homosexualité est une question clé et stratégique de l’identité et du témoignage contre-culturel. Ce n’est pas la seule, ni même la plus importante. L’église actuelle a besoin d’être contre-culturelle dans son soin pour la terre, dans la construction de communautés d’amour face à l’individualisme et à l’isolement des personnes, dans son rejet du matérialisme, du consumérisme, et de la marchandisation, dans la rédemption des arts, et dans d’autres domaines. Mais pour toutes les raisons citées ci-dessus, l’homosexualité est une question clé et fondamentale.
La question ici n’est pas d’abord négative, par la condamnation. Au contraire, elle est positive: en manifestant et en incarnant une manière de vivre meilleure, plus saine, plus épanouissante et générationellement durable. Une communauté chrétienne fidèle donne l’exemple d’une meilleure manière de vivre, en démontrant vraiment l’amour de Jésus-Christ.

C’est un domaine clé où les chrétiens peuvent donner un puissant témoignage positif, non d’abord par ce qu’ils disent ou par ce qu’ils condamnent, mais par ce qu’ils démontrent dans leurs propres vies et  parleur amour, incarnant l’alliance biblique dans leurs relations mutuelles, soit dans le mariage ou soit dans célibat.

D’un autre côté

Mon argument ici est donc essentiellement positif et non négatif. Les relations saines, pures et licites entres sexes figurent parmi les grandes bénédictions de vivre selon Dieu. Cela inclut des liens d’amitié très étroits mais non-érotiques entre sexes et de même sexe. La vie même de Jésus a montré cela, comme le témoigne également l’église primitive.

Mais nous devons ajouter quelques précisions et quelques clarifications sur l’homosexualité comme une question centrale.

Comme chrétiens, nous sommes appelés à étendre la compassion et la compréhension dans ce domaine tout comme dans d’autres. Nous devrions aller aussi loin que la vérité chrétienne le permet pour accepter des personnes homosexuelles. La doctrine chrétienne repose sur l’amour et la vérité. L’amour sans la vérité n’est pas le vrai amour, et la vérité sans l’amour est en fait le mensonge. Nous démontrons donc l’amour de Dieu de toutes les manières possibles et véritables, sans compromettre la vérité biblique en matière d’éthique de genre.

À cet égard, j’aime beaucoup l’approche de Thomas Hopko dans son petit livre pénétrant, Christian Faith and Same-Sex Attraction: Eastern Orthodox Reflections (Conciliar Press, 2006) {Foi chrétienne et attraction pour le même sexe: Réflexions orthodoxes orientales}.

Hopko, ancien doyen du Séminaire Saint-Vladimir, dit que les chrétiens devraient comprendre l’attraction envers le même sexe dans une perspective de la révélation biblique, sans tenir compte à quel point cela peut sembler contre-culturel – même si nous pouvons également apprendre des études socio-scientifiques en cours.

Il écrit: « Avoir des désirs amoureux envers des personnes de son propre sexe n’est pas du tout un péché; c’est tout à fait naturel, normal et nécessaire. » Lorsque ces désirs sont érotiques ou conduisent à des comportements homosexuels, cependant, ils sont coupables et doivent être traités comme tels – avec compassion, compréhension, et fermeté. (Ici Hopko s’inspire de C. S. Lewis.)

Hopko considère l’attirance érotique pour le même sexe à travers le prisme du discipulat. Tous les chrétiens sont des porteurs de croix. Les chrétiens aux prises avec des tendances homosexuelles, quelle que soit leur source, ne sont pas différents, sauf dans la nature de leur lutte. Ils doivent « voir leur refus d’agir selon leurs émotions sexuelles comme une occasion extraordinaire d’imiter le Christ» plutôt que de se conformer au monde.

Hopko dit que les chrétiens doivent aimer les homosexuels et défendre leurs droits civils, y compris les partenariats enregistrés. Les « unions civiles » ne sont pas un mariage chrétien, mais elles peuvent fournir une protection nécessaire dans notre monde déchu. Nous devons reconnaître que la société civile et multi-religieuse n’est pas l’Église de Jésus-Christ.

Conclusion

Je suis toujours réticent à accepter les arguments du type « point de non-retour » ou « pente savonneuse ». Les « théories des dominos » des événements sont toujours fragiles, souvent sans fondement et exagérées. Néanmoins, l’homosexualité est en effet un enjeu clé. C’est presque (mais pas absolument) un test décisif vis à vis de l’adhésion à l’autorité de la Bible.

Chez deux ou trois de mes amis évangéliques que je respecte et pour un magazine chrétien, auquel j’étais abonné, cela a été exactement ça — un élément clef. Dans chaque cas, une fois que l’homosexualité a été reconnue comme acceptable pour les chrétiens, d’autres compromis sur l’autorité de la Bible ont suivi. Une ligne a été franchie. La Bible n’avait plus l’autorité, qu’elle a généralement quand l’église est vivante et fidèle.

L’homosexualité est en effet une question fondamentale. La fidélité biblique requiert de considérer la pratique homosexuelle comme un péché et comme une violation de la loi divine, elle exige également une compassion sans réserve et une compréhension à l’égard des personnes homosexuelles dans l’esprit de Jésus et par la puissance du Saint-Esprit.

(traduit avec autorisation de l’auteur qui est pour moi une référence depuis des années.

 

Howard Snyder

Ancien professeur d’histoire et de théologie missionnaire du Asbury Theological Seminary (1996-2006); il fait maintenant de la recherche et la rédaction à Wilmore, au Kentucky. Professeur d’Études wesleyennes, au Tyndale Seminary, à Toronto, 2007-2012. Auparavant il a été ensaignant et pasteur à São Paulo, au Brésil, à Detroit, au Michigan, et à Chicago, dans l’Illinois. La préoccupation principale du Dr Snyder est la puissance et la pertinence de Jésus-Christ et de son Royaume dans le monde d’aujourd’hui et de demain. Il a, entre autres, écrit : The Problem of Wineskins, Community of the King, et plus récemment, Salvation Means Creation Healed.
Il va également publier prochainement un livre sur le sujet de cet article.

 

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