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14 manières fréquentes de tordre l’Évangile (Howard Snyder)

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HOWARD SNYDER

14 manières fréquentes de tordre l’Évangile

Posté le 3 janvier 2014 par Howard Snyder

1. Interpréter l’Évangile principalement par l’épître aux Romains.

Les écrivains bibliques, y compris Paul, nous disent d’étudier l’ensemble des Écritures et de les interpréter à travers de cette globalité. Mais la tendance persistante à voir l’épître aux Romains comme la clé de toute l’Écriture persiste. Et l’Église et le monde en souffrent. (Voir mon article sur Seedbed, « Misplacing Romans » {Mal situer l’épître aux Romains}.)

2. Se concentrer uniquement sur « le salut personnel. »

La Bible n’enseigne pas le « salut personnel » de la façon individualiste et privée que cette expression en est venue à signifier. Au contraire, elle enseigne de multiples façons et au travers de nombreuses métaphores la réconciliation de toutes choses (par exemple, Éphésiens 1, en particulier le verset 10 : « … réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la Terre. » 1:10, LSg, et Colossiens 1, en particulier le verset 20 : il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.) – néanmoins pas sans jugement.

3. Faire du Ciel le but.

La Bible et les credo des premiers chrétiens ne disent rien sur « aller au Ciel ». Pourtant, cette phrase est devenue pratiquement synonyme de salut dans bien des esprits. La Bible se concentre sur l’accomplissement de la volonté de Dieu sur la Terre comme au Ciel, et de la rédemption ultime de toute la création, pas une scission cosmique éternelle entre la Terre et le Ciel.

4. La division entre clergé et laïcs.

C’est l’un des premiers signes du « mystère de l’iniquité » dans l’Église. Une fois que Satan nous a convaincus que seulement quelques-uns (et principalement des hommes d’un certain type) sont appelés dans « le ministère, » il a réduit l’efficacité de l’Église de nonante pour cent. La division entre clergé et laïcs est donc plus débilitante que tout autre préjudice dans l’Église. Elle porte atteinte à la doctrine biblique du sacerdoce des croyants, celle des dons de l’Esprit, et celle de l’appel universel à la diaconie (ministère, service).

5. Penser que l’économie et la politique ne sont pas directement des préoccupations liées à l’Évangile.

Cloisonner l’Évangile de l’économie et de la politique, en les situant en dehors de notre vie de disciple, est un dualisme non biblique. L’Évangile est une réalité économique et politique, alors par définition l’Église est autant économique que politique. Mais, l’économie et la politique doivent être interprétées à la lumière de l’Évangile, et non l’inverse. Le Royaume de Dieu en est le cadre général.

6. Rendre la communauté secondaire.

Les auteurs du Nouveau Testament se concentrent beaucoup plus sur la communauté, sur le corps du Christ, sur le fait que nous sommes membres du Jésus-Christ et par conséquent les uns des autres, que sur n’importe quel autre sujet. Moins la communauté est authentique au sens biblique de partage mutuel, de koinonia, plus les différences doctrinales viennent au centre et plus l’Église se concentre sur toute autre chose que la communauté. C’est pourquoi je traite tellement de ce sujet dans mon livre Community of the King (la communauté du roi) et dans d’autres.

7. Négliger l’Ancien Testament.

Ici, les deux erreurs les plus courantes sont : négliger l’holisme des desseins salvifiques de Dieu tels que révélés dans l’Ancien Testament, et accepter le mythe que toutes les vérités importantes de l’Ancien Testament deviennent « spiritualisées » dans le Nouveau. Ainsi, « terre promise », par exemple, vient à signifier « ciel » ou, une certaine expérience spirituelle intérieure. Quand cela se produit, les prédicateurs creusent l’Ancien Testament à la recherche de pépites « spirituelles » qui ont souvent peu à voir avec le contexte biblique historique et avec le sens.

8. Limiter la justice à la droiture personnelle.

Dans l’Ancien Testament, les Psaumes, les Prophètes, la Loi, la Sagesse, couplent constamment la justice et le droit as comme les deux faces de la même réalité globale. Notez, par exemple, le nombre de fois que la justice et le droit sont couplés et utilisés de manière presque interchangeable dans la poésie hébraïque.

Pourtant, l’Église les sépare souvent de différentes manières ; par exemple le droit parle de moralité personnelle et la justice de quelque chose dont Dieu prend soin lui-même grâce à l’expiation et/ou à une condamnation définitive. C’est carrément non biblique.

9. Négliger l’intercession.

Plus je lis sur la prière dans la Bible, sur Moïse, David, Les Prophètes, Job, sur la vie et l’exemple de Jésus, les Épîtres, plus je suis convaincu que l’Église en général et moi-même, nous avons négligé le ministère essentiel de l’intercession. Au travers du mystère de la prière et de l’Esprit de Dieu, l’intercession persévérante du peuple de Dieu peut (et souvent le fait) changer le cours de l’histoire et celui des relations entre les nations et entre les peuples et entre les religions, tout aussi bien que rejoindre nos besoins plus immédiats et personnels.

La prière d’intercession est un des principaux moyens de chercher d’abord le royaume de Dieu.

10. Des « croyants » à la place de disciples.

Jésus appelle et forme des disciples afin que le corps du Christ devienne une communauté de disciples du Royaume de Dieu. Le Nouveau Testament utilise rarement le mot « croyants ». Aujourd’hui, cette réalité est déformée par la tendance d’utiliser « croyants » au lieu de « frères » dans les traductions modernes (ceci afin d’être plus inclusives) ou alors d’utiliser des pronoms comme « eux ».

Ce qui importe n’est pas le nombre de croyants, mais le nombre de disciples, et par conséquent le ministère de faire des disciples.

11. Substituer le royaume de Dieu par le Ciel.

Dans la Bible, le Royaume de Dieu englobe la réalité, la souveraineté et l’amour de Dieu. Il ne s’y trouve aucun dualisme esprit/matière. La plupart des gens du temps de Jésus le comprenaient ; ils savaient, par exemple, que « Royaume des cieux » dans Matthieu était juste une manière différente de dire « Royaume de Dieu ».

Dans la Bible, nous voyons le royaume de Dieu comme étant à la fois présent et futurs, céleste et terrestre, personnel et social, soudain et graduel, intérieur et extérieur, dans une dialectique mystérieuse avec l’Église qui est en elle-même ni le royaume de Dieu, ni séparable du royaume de Dieu.

12. Réduire la foi à un seul domaine de nos vies.

Nous compartimentons. Notre marche chrétienne se réduit seulement à une part de nos vies, et cette part est souvent réduite à ce que nous croyons.

Mais, à présent, demeurent : la foi, l’espérance et l’amour – et la Bible indique clairement ce qui est le « plus grand » et le plus englobant des trois. Selon l’Évangile, la foi n’est pas la réalité ultime, elle est le moyen menant à aimer Dieu et les autres ainsi que toute la création divine avec tout notre être. Et ceci 24/7, comme on dit.

La Bible présente la foi agissant par l’amour ; l’amour étant activé par la foi et actionné par l’espérance – une confiance intégrale dans les étonnantes promesses de Dieu d’un plein-salut-pour-toute-la-création.

13. Ignorer Genèse 9.

Il y a une immense littérature sur la théologie de « l’alliance » ou « fédérale » (du latin « alliance »). Pourtant, curieusement, cette théologie commence presque toujours par l’alliance de Dieu avec Abraham (avec peut-être une allusion à Genèse 3:15). Pourtant, la première alliance biblique explicite se trouve dans Genèse 9, où Dieu établit son « alliance entre Lui et la Terre » (Genèse 3:13).

L’accent est explicite et répété : une alliance avec les humains et avec toutes les sortes d’êtres vivants. Si notre compréhension du salut saute de Genèse 3 à Genèse 12, nous ratons les enseignements bibliques essentiels sur le monde créé et cela déforme tout le reste de la Bible.

14. Divorcer la vie de disciple du soin de la création.

Quand nous négligeons ou déformons la révélation biblique sur monde créé, nous réduisons l’Évangile de beaucoup par rapport aux les promesses de la Bible. Nous le faisons à notre propre perte ; nous appauvrissons l’Église ; nous surspiritualisons l’expérience chrétienne et nous réduisons la dynamique de la mission chrétienne.

Quand on voit comment la vie de disciples et le soin de la création sont inséparablement liés dans le plan de Dieu, l’Église devient puissante avec patience et humilité « pour renverser des forteresses » (2 Cor 10:4).

Il y a, bien sûr, beaucoup d’autres façons de tordre l’Évangile. Chaque fois que nous détournons notre regard de Jésus-Christ et que nous interprétons l’Évangile à travers d’autres lunettes, nous avons des problèmes.

Utilisez le verbe que vous souhaitez : tordre, déformer, fausser, miner, neutraliser, châtrer, émasculer, annuler, dépouiller – le problème persiste et appelle à une vie de disciple basée attentivement sur la Bible, et christocentrique.

Le Saint-Esprit a été répandu à la Pentecôte, mais déjà dans le Nouveau Testament, nous voyons les Apôtres luttant contre des distorsions émergentes.

Et pourtant, souverainement, étrangement, l’Esprit de Dieu est à l’œuvre et il continuera à remplir les promesses et à guider le corps du Christ dans « toute la vérité » (Jean 16:13) jusqu’à ce que « la Terre [soit] remplie de la connaissance du Seigneur, comme les eaux couvrent la mer » (Ésaïe 11:09).

Howard Snyder

Ancien professeur d’histoire et de théologie missionnaire du Asbury Theological Seminary (1996-2006); il fait maintenant de la recherche et la rédaction à Wilmore, au Kentucky. Professeur d’Études wesleyennes, au Tyndale Seminary, à Toronto, 2007-2012. Auparavant il a été ensaignant et pasteur à São Paulo, au Brésil à Detroit, au Michigan; et à Chicago, dans l’Illinois. Le principal intérêt du Dr Snyder est la puissance et la pertinence de Jésus-Christ et de son royaume dans le monde d’aujourd’hui et de demain. Il a, entre autres, écrit : The Problem of WineskinsCommunity of the King, et plus récemment, Salvation Means Creation Healed.

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Est-ce que l’homosexualité pose une question fondamentale (à la foi chrétienne)? (Howard Snyder)

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Est-ce que l’homosexualité pose une question fondamentale?

Posté le 13 septembre 2012 par 

Est-ce que l’homosexualité pose une question fondamentale à la foi chrétienne? Est-ce une question de fidélité doctrinale? Ou est-ce essentiellement une question de droits de l’homme; le sujet actuel de la longue bataille qui a progressivement donné la liberté aux esclaves et travaillé pour l’égalité des femmes et des autres victimes de discrimination?

C’est une question difficile. Les chrétiens bibliques affirment l’égalité de tous les êtres humains créés à l’image de Dieu. Nous devrions travailler pour mettre fin à l’oppression et l’injustice ; nous devrions aider chacun à profiter de la pleine liberté de l’Evangile de Jésus-Christ.

Qu’en est-il alors, de l’homosexualité et des pratiques homosexuelles?

J’ai acquis la conviction que c’est en effet une question fondamentale pour la foi et le témoignage chrétien. C’est plus qu’une question de droits et de liberté. Cela porte sur des fondements de la doctrine chrétienne.

Voici quatre raisons pour lesquelles l’acceptation ou non-acceptation de la pratique homosexuelle est une question fondamentale pour la foi chrétienne.

1. Le témoignage de l’Écriture

Qu’est-ce que la Bible enseigne?

Dans son livre Slaves, Women & Homosexuals: Exploring the Hermeneutics of Cultural Analysis (InterVarsity, 2001 – esclaves, femmes & homosexuels : explorer les herméneutiques de l’analyse culturelle), le bibliste William J. Webb fait une constatation décisive. Webb examine attentivement la « direction du mouvement dans la Bible » sur une série de questions « comme critères pour interpréter aujourd’hui la vérité biblique . » Ses sujets d’analyse particuliers, comme son titre l’indique, sont l’esclavage, les femmes et l’homosexualité.

Quand il s’agit de esclaves et des femmes, Webb montre que la trajectoire de la révélation biblique est toujours vers une plus grande liberté, vers moins de restriction et de discrimination. Comme il le dit, les textes bibliques traitant des femmes et des esclaves deviennent «en général» progressivement moins restrictifs » ou [montrent un]« adoucissement » par rapport à la culture au sens large, tandis que les textes de l’homosexualité sont« plus restrictif »ou [démontrent un]« durcissement »par rapport au milieu environnant »(p. 83). Une série d’autres critères herméneutiques confirment cela, dit-il.

En d’autres mots: Alors que la Bible nous présente une «trajectoire» herméneutique vers une plus grande liberté (moins de restrictions) pour les femmes et les esclaves, à la fois dans l’Écriture et par rapport au contexte culturel, une telle trajectoire ne se trouve pas dans le cas de la pratique homosexuelle. Dans toute la Bible, Ancien et Nouveau Testament, la pratique homosexuelle est interdite et considérée comme péché.

Webb indique ceci de manière plus explicite dans la conclusion de son livre: «les textes sur l’homosexualité sont d’une catégorie différente de ceux sur les femmes et sur l’esclavage. Les premiers sont presque entièrement transculturels dans leur nature, alors que les autres sont fortement liés à la culture. Cette réalité fournit une réponse décisive aux défenseurs des homosexuels qui disent que les dimensions culturelles des textes sur les femmes et sur l’esclavage devraient conduire à l’acceptation de l’homosexualité. L’analyse de l’ensemble de la révélation biblique montre la différence fondamentale entre la question des femmes et la question de l’homosexualité» (p. 252, souligné dans l’original).

L’homosexualité est donc fondamentalement différente des questions de l’esclavage et du rôle des femmes. Étant donné que l’homosexualité va au cœur même de l’identité humaine, elle n’est pas, d’un point de vue chrétien, premièrement une question de droits civils. Dans la société civile, toutefois, les droits des homosexuels deviennent une question légitime.

En d’autres termes, la Bible (et donc l’Église chrétienne) , par définition, reconnaît et défend un niveau différent et plus élevé de comportement moral que ne le fait une société civile qui est en droit neutre et «laïque» à l’égard de la religion.

Nous nous empressons d’ajouter, toutefois, que le commandement biblique d’aimer est d’un plus haut niveau de vérité et d’éthique que l’interdiction des pratiques homosexuelles. La bonne façon de concilier cela est théoriquement clair, bien que difficile dans la pratique : les chrétiens doivent montrer un amour sans bornes envers les personnes homosexuelles, tout en n’acceptant ne pas les pratiques homosexuelles comme admissibles dans le cadre de la sainteté chrétienne et de la vie de disciple.

Est-ce la même chose que dire : « haïr le péché , aimer le pécheur ? » Oui, mais avec deux conditions. Tout d’abord, l’exemple de Jésus montre très clairement que les chrétiens sont ceux qui parfois traînent et mangent avec les pécheurs et les parias. Deuxièmement, nous nous rappelons qu’en lui-même un péché homosexuel n’est pas plus grand qu’un péché hétérosexuel.

La condamnation biblique constante des pratiques homosexuelles, contrastant avec les questions des esclaves et du rôle des femmes, nous laisse avec un argument qui est incontestable, si l’on ne compromet pas l’autorité de la Bible.

2. La Question de la vie de famille

Trois raisons supplémentaires pour lesquelles l’homosexualité est une question fondamentale pour les chrétiens, en commençant par la question de la stabilité familiale:

Une société qui tolère les pratiques homosexuelles et les familles homosexuelles peut-elle être stable ? Peut-être, bien que je ne pense pas que cela ait déjà été essayé dans l’histoire humaine.

Mais la santé de la vie familiale et celle de la société au cours des générations demande de continuer à voir la pratique homosexuelle comme moralement choquante d’un point de vue chrétien, même si elle est tolérée dans la société (comme c’est de plus en plus le cas dans le monde occidental).

La raison est la suivante: le plan de Dieu tel que révélé dans l’Ecriture est lié avec les familles et avec le maintien de l’alliance de fidélité au fil des générations. (On notera l’insistance biblique sur «générations», qui je commente dans Salvation Means Creation Healed {Le Salut implique la guérison de la création}.)

Une société saine et encore plus une vie d’église saine, dépendent d’une vie familiale saine. L’église est la famille de Dieu et la famille chrétienne est l’église de Dieu.

Certes, Jésus n’a pas fondé sa première communauté des disciples sur des unités familiales biologiques. La sororité et la fraternité chrétienne transcendent la sororité et fraternité biologique. Néanmoins, la Bible et l’Évangile enseignent clairement que l’unité familiale biologique (homme et femme unis et normalement procréatifs) est fondamentale dans le plan de Dieu et dans la formation et la fidélité générationnelle de son peuple. « Pour cette raison, un homme doit quitter son père et mère et s’attacher à sa femme, et les deux deviennent une seule chair » (Mt. 19:5; cf Gen 2:24).

Considérez également les nombreuses injonctions bibliques à « enseigner à vos enfants » les voies du Seigneur (par exemple, Deut. 11:19). Cela implique deux choses: Que les hommes et les femmes (habituellement) se marient et ont des enfants, et qu’ils doivent leur apprendre ce que la Bible dit à propos des relations sexuelles et entre genres. Si ces deux choses ne se font pas, manifestement la société va dévier de la voie de Dieu.

L’église est fondée en grande partie (mais pas exclusivement) sur le mariage et la vie de famille, et une société saine et stable se construit en grande partie sur les familles chrétiennes saines et stables. Maintenir des normes bibliques de relations sexuelles et entres genres contribue à la stabilité sociale au fil des générations.

3. L’image de Dieu

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il les créa» (Gen 1:27 ), avec une pleine égalité, avec la tâche de «diriger » et de gérer conjointement la terre .

La création de l’homme à l’image de Dieu est un fait extrêmement important, pratiquement et théologiquement, comme John Wesley la exprimé si profondément. Elle a des implications essentielles pour le salut, pour la sainteté et pour la nouvelle création. Elle est pertinente dans la question de l’homosexualité.

La création de l’homme comme mâle et femelle est en quelque sorte le reflet de l’unité et la diversité de la Sainte Trinité. Lorsque le Dieu tripersonnel crée, l’humanité sexuée est un résultat capital. La profonde unité-dans-la-diversité de la Trinité est dans un sens dérivé, reflétée dans l’unité-dans-la-diversité de la famille humaine — mère, père, progéniture. Dieu est au-delà des sexes, mais la richesse de la vie trine génère la distinction entre les sexes à l’intérieur de l’unité de la personnalité humaine.
Ce fait en lui-même ne résout pas toutes les questions concernant l’homosexualité (comme certains conservateurs semblent le penser). Cependant, cela donne du poids du côté de la morale biblique, avec son interdiction de la pratique homosexuelle.

La création humaine sexuée à l’image de Dieu est une question centrale sur l’identité humaine. En clair, cela établit une norme biblique pour les personnes, les familles, les sociétés et de la culture. C’est un fondement des alliances bibliques. Les enseignements continus de l’Écriture en matière d’éthique sexuelle (soit hétéro, soit homo) s’intègrent ainsi naturellement et logiquement dans la cohérence du plan du salut révélé par la Bible.

Puisque le salut signifie la guérison de la création, dans sa plénitude il signifie toujours également la guérison dans le domaine de l’égalité des relations entre genres, à court terme et / ou à long terme, ceci dans la plénitude du plan et des dessins de Dieu.

4. Identité et témoignage contre-culturel

L’église, dans sa défense des voies de Dieu, est toujours contre-culturelle sur certains points clés. Ces points varient avec le temps et avec les contextes socioculturels. Aujourd’hui, un point essentiel de l’identité et du témoignage contre-culturel concerne l’homosexualité.

Il ne sert à rien d’être contre-culturel juste pour le plaisir d’être contre ou différent (ce que l’église oublie parfois). Dans chaque contexte, l’église est sous certains aspects culturelle, dans d’autres sous-culturelle, et dans d’autres encore contre-culturelle. La question clé est toujours: Qu’est-ce que la fidélité à Jésus-Christ et à l’Alliance de Dieu et au Royaume signifie maintenant, dans ce contexte particulier?

Aujourd’hui, en Occident, mais également de plus en plus mondialement, l’homosexualité est une question clé et stratégique de l’identité et du témoignage contre-culturel. Ce n’est pas la seule, ni même la plus importante. L’église actuelle a besoin d’être contre-culturelle dans son soin pour la terre, dans la construction de communautés d’amour face à l’individualisme et à l’isolement des personnes, dans son rejet du matérialisme, du consumérisme, et de la marchandisation, dans la rédemption des arts, et dans d’autres domaines. Mais pour toutes les raisons citées ci-dessus, l’homosexualité est une question clé et fondamentale.
La question ici n’est pas d’abord négative, par la condamnation. Au contraire, elle est positive: en manifestant et en incarnant une manière de vivre meilleure, plus saine, plus épanouissante et générationellement durable. Une communauté chrétienne fidèle donne l’exemple d’une meilleure manière de vivre, en démontrant vraiment l’amour de Jésus-Christ.

C’est un domaine clé où les chrétiens peuvent donner un puissant témoignage positif, non d’abord par ce qu’ils disent ou par ce qu’ils condamnent, mais par ce qu’ils démontrent dans leurs propres vies et  parleur amour, incarnant l’alliance biblique dans leurs relations mutuelles, soit dans le mariage ou soit dans célibat.

D’un autre côté

Mon argument ici est donc essentiellement positif et non négatif. Les relations saines, pures et licites entres sexes figurent parmi les grandes bénédictions de vivre selon Dieu. Cela inclut des liens d’amitié très étroits mais non-érotiques entre sexes et de même sexe. La vie même de Jésus a montré cela, comme le témoigne également l’église primitive.

Mais nous devons ajouter quelques précisions et quelques clarifications sur l’homosexualité comme une question centrale.

Comme chrétiens, nous sommes appelés à étendre la compassion et la compréhension dans ce domaine tout comme dans d’autres. Nous devrions aller aussi loin que la vérité chrétienne le permet pour accepter des personnes homosexuelles. La doctrine chrétienne repose sur l’amour et la vérité. L’amour sans la vérité n’est pas le vrai amour, et la vérité sans l’amour est en fait le mensonge. Nous démontrons donc l’amour de Dieu de toutes les manières possibles et véritables, sans compromettre la vérité biblique en matière d’éthique de genre.

À cet égard, j’aime beaucoup l’approche de Thomas Hopko dans son petit livre pénétrant, Christian Faith and Same-Sex Attraction: Eastern Orthodox Reflections (Conciliar Press, 2006) {Foi chrétienne et attraction pour le même sexe: Réflexions orthodoxes orientales}.

Hopko, ancien doyen du Séminaire Saint-Vladimir, dit que les chrétiens devraient comprendre l’attraction envers le même sexe dans une perspective de la révélation biblique, sans tenir compte à quel point cela peut sembler contre-culturel – même si nous pouvons également apprendre des études socio-scientifiques en cours.

Il écrit: « Avoir des désirs amoureux envers des personnes de son propre sexe n’est pas du tout un péché; c’est tout à fait naturel, normal et nécessaire. » Lorsque ces désirs sont érotiques ou conduisent à des comportements homosexuels, cependant, ils sont coupables et doivent être traités comme tels – avec compassion, compréhension, et fermeté. (Ici Hopko s’inspire de C. S. Lewis.)

Hopko considère l’attirance érotique pour le même sexe à travers le prisme du discipulat. Tous les chrétiens sont des porteurs de croix. Les chrétiens aux prises avec des tendances homosexuelles, quelle que soit leur source, ne sont pas différents, sauf dans la nature de leur lutte. Ils doivent « voir leur refus d’agir selon leurs émotions sexuelles comme une occasion extraordinaire d’imiter le Christ» plutôt que de se conformer au monde.

Hopko dit que les chrétiens doivent aimer les homosexuels et défendre leurs droits civils, y compris les partenariats enregistrés. Les « unions civiles » ne sont pas un mariage chrétien, mais elles peuvent fournir une protection nécessaire dans notre monde déchu. Nous devons reconnaître que la société civile et multi-religieuse n’est pas l’Église de Jésus-Christ.

Conclusion

Je suis toujours réticent à accepter les arguments du type « point de non-retour » ou « pente savonneuse ». Les « théories des dominos » des événements sont toujours fragiles, souvent sans fondement et exagérées. Néanmoins, l’homosexualité est en effet un enjeu clé. C’est presque (mais pas absolument) un test décisif vis à vis de l’adhésion à l’autorité de la Bible.

Chez deux ou trois de mes amis évangéliques que je respecte et pour un magazine chrétien, auquel j’étais abonné, cela a été exactement ça — un élément clef. Dans chaque cas, une fois que l’homosexualité a été reconnue comme acceptable pour les chrétiens, d’autres compromis sur l’autorité de la Bible ont suivi. Une ligne a été franchie. La Bible n’avait plus l’autorité, qu’elle a généralement quand l’église est vivante et fidèle.

L’homosexualité est en effet une question fondamentale. La fidélité biblique requiert de considérer la pratique homosexuelle comme un péché et comme une violation de la loi divine, elle exige également une compassion sans réserve et une compréhension à l’égard des personnes homosexuelles dans l’esprit de Jésus et par la puissance du Saint-Esprit.

(traduit avec autorisation de l’auteur qui est pour moi une référence depuis des années.

 

Howard Snyder

Ancien professeur d’histoire et de théologie missionnaire du Asbury Theological Seminary (1996-2006); il fait maintenant de la recherche et la rédaction à Wilmore, au Kentucky. Professeur d’Études wesleyennes, au Tyndale Seminary, à Toronto, 2007-2012. Auparavant il a été ensaignant et pasteur à São Paulo, au Brésil, à Detroit, au Michigan, et à Chicago, dans l’Illinois. La préoccupation principale du Dr Snyder est la puissance et la pertinence de Jésus-Christ et de son Royaume dans le monde d’aujourd’hui et de demain. Il a, entre autres, écrit : The Problem of Wineskins, Community of the King, et plus récemment, Salvation Means Creation Healed.
Il va également publier prochainement un livre sur le sujet de cet article.

 

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La Traduction de la Bible et l’ADN transculturel de l’Église

Ce texte me semble capital, alors je vous le partage: La Traduction de la Bible et l’ADN transculturel de l’Église.

Tout le site vaut la visite.
Fraternellement.

 

Désiré

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J’ai mal à l’Église. Et vous?

Depuis des années, je vis une relation difficile avec les églises, ne m’y sentant bien ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Je sais que j’ai besoin des frères et des sœurs pour vivre ma foi et en même temps les églises répondent si mal et si peu à ce besoin. J’ai décidé de ne plus y chercher ce qu’elles ne peuvent offrir, afin de ne pas être déçu. Ce qui ne veut pas dire que je vais cesser de les fréquenter.

Est-ce que ce que nous appelons aujourd’hui église correspond vraiment à ce que la Bible appelle ainsi ? Y découvrons-nous la moindre trace de la forme de nos réunions actuelles ? Il ne me semble pas que Jésus et ses disciples avaient des formes cultuelles particulières en dehors de celle de leur peuple d’Israël. Ils ne devaient sans doute pas faire de « prières libres », puisque les disciples ont dû demander à Jésus de leur montrer comment prier.

Il semble qu’une bonne partie de la vie des communautés se passait dans les maisons et qu’elle était centrée sur la fraction du pain, c’est-à-dire sur des repas, des agapes fraternelles.

Il ne semble pas non plus qu’il y avait une forme unique dans la vie des premières communautés chrétiennes, entre, par exemple, celles de Jérusalem qui continuaient à fréquenter le Temple et à y prier et celles de Rome.

Je sais que plusieurs d’entre mes amis partagent mes difficultés et mes questions et ceci pour des raisons diverses. Je ne désire pas creuser trop dans ma réflexion personnelle, car cela risquerait de fermer plus de portes que d’en ouvrir. Je vous propose plutôt de partager librement vos attentes et vos idées et de découvrir si nous arrivons à des formes alternatives viables et plus conformes aux Écritures et à l’interrogation que le Saint-Esprit met en nous. Je prie ceux qui sont satisfaits du statu quo de ne pas intervenir, car le but n’est pas un débat, mais un partage et une exploration. Si certains vivent déjà des formes nouvelles et s’y épanouissent, merci de nous le partager.

Votre frère Désiré

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Évolution de l’Église – un avis autorisé ;-)

‎« Devant une forme nouvelle de christianisme, qui se diffuse avec un immense dynamisme missionnaire, parfois préoccupant dans ses formes, les Églises confessionnelles historiques restent souvent perplexes. » Par conséquent une voie pour l’évangélisation : « … pourrait être de petites communautés, où se vivent les amitiés, qui sont approfondies dans une fréquente adoration communautaire de Dieu. Ici, il y a des personnes qui racontent leurs petites expériences de foi sur leur lieu de travail et dans le milieu de la famille ou des connaissances, témoignant, de cette façon, une nouvelle proximité de l’Église avec la société. » (Pape Benoît XVI)

Sources:

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2011/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20110923_evangelical-church-erfurt_fr.html
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2011/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20110924_zdk-freiburg_fr.html

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La parole de l’Eternel était rare à cette époque, les visions n’étaient pas fréquentes (1 Sam 3:1)

Cela fait déjà longtemps que je me débats avec le concept de la Bible comme parole objective de Dieu, premièrement parce que la Bible ne parle jamais d’elle-même sous cette expression. Quand un auteur sacré parle de la Bible, il emploie le terme « Écriture(s) ».
Alors pendant longtemps, j’ai dit que Parole de Dieu avait différents sens suivant le contexte. Il s’agissait soit de paroles que Dieu avait adressées directement à un prophète ou au travers d’un prophète soit de Jésus-Christ lui-même comme expression de Dieu, ou dans les Actes en particulier, de l’annonce de Jésus-Christ de sa vie, de sa mort et de sa résurrection.

Mais en pensant et réfléchissant à ce verset de 1 Samuel, j’ai mieux compris. Dans ce texte, « parole de l’Éternel » est mis en parallèle avec « visions ». Ce texte implique non pas que la partie de la Bible existante était rare à l’époque, mais que Dieu était silencieux et semblait éloigné de son peuple. Dans les Écritures, l’expression « parole de Dieu » et ses variantes veut simplement dire révélation de Dieu. Il me semble que l’on peut toujours remplacer « parole de Dieu » dans ses diverses utilisations par « révélation de Dieu ». C’est tout aussi juste pour les prophètes à qui la révélation de Dieu est adressée, pour la Loi qui est une révélation de la volonté de Dieu à son peuple et pour Jésus-Christ qui est la parfaite et finale révélation de Dieu. C’est aussi vrai pour les dons de l’esprit qui sont des révélations de Dieu dans des circonstances particulières. À cette lumière, on peut également dire que la Bible est parole de Dieu quand elle nous révèle Dieu ou dans son ensemble comme révélation, mais certainement pas quand un verset ou un ensemble de versets est utilisé pour défendre un point de vue.

Qu’est-ce que cela implique? En faisant de la Bible la Parole de Dieu par excellence, nous avons de fait érigé un nouvel intermédiaire entre Dieu et les hommes et ceci contre le texte des Écritures. Nous critiquons le catholicisme pour sa médiation entre Dieu est les croyants par l’intermédiaire du magistère, mais nous avons simplement remplacé le magistère par une autre médiation, celle de la lettre.

Le désir et la volonté de Dieu pour chacun de nous, est d’avoir une relation directe, sans médiation autre que celle de son Fils. Nous avons troqué une grande partie cette relation directe et intime contre ce qui est trop souvent devenu une philosophie ou une théologie. Dieu veut être vivant et présent et agissant au milieu de son peuple et au travers de son peuple pour toucher le monde.
Comme le peuple d’Israël était effrayé par la présence manifeste de Dieu, Moïse a dû couvrir son visage d’un voile. Nous, de même, par crainte d’une relation directe nous utilisons le voile de la Bible, alors que nous avons besoin d’un dévoilement (d’une révélation) pour pouvoir voir et comprendre et rayonner de la gloire de Dieu.
Si nous désirons voir la gloire de Dieu dans nos vies et au travers de nos vies pour le monde, nous devons redonner à la Bible sa vraie place, non pas celle d’intermédaire mais celle de témoignage  de ce à quoi Dieu nous appelle à vivre.

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Pourquoi des leaders? La suite… Le pasteur, un leader? (archives)

Ma réflexion sur le leadership a de nombreuses conséquences sur la compréhension de l’Église et de son fonctionnement, en particulier face aux “ministères”.

Le ministère le plus répandu aujourd’hui est celui du pasteur. J’ai souvent dit et lu que ce ministère est l’un des moins biens définis dans la Bible. Dans le Nouveau Testament, il n’est généralement cité qu’une fois, au pluriel, dans la liste des ministères d’Éphésiens 4:11, et ceci sans aucune définition. Suivant les traductions il peut se trouver dans quelques autres textes où il parle de Jésus Christ. Par exemple dans la Bible Segond: Hé 13:20 Que le Dieu de paix, qui a ramené d’entre les morts le grand pasteur des brebis, par le sang d’une alliance éternelle, notre Seigneur Jésus, I Pi 2:25 Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes. I Pi 5:4 Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire.

MAIS…, ce n’est plus du tout vrai dans le texte grec, où “poimen” se trouve à plusieurs reprises. Il est traduit le plus souvent par “berger” et de une à trois-quatre fois par ”pasteur”. Pourquoi cette ambivalence dans la plupart des traductions françaises et anglaises? Une des exceptions, la très (trop?) littérale version Darby. Y aurait-il un désir inconscient de tromper, ou ne serait-ce pas plutôt révélateur du gauchissement de la pensée protestante sur ce sujet?

À part les textes où il est question des bergers de la Nativité et celui des “pasteurs” d’Éphésiens 4, tous les autres font référence directement ou indirectement à Jésus Christ. Jésus Christ est donc l’image parfaite du pasteur, et sa vie et sa personne définissent le “ministère” du pasteur. L’explication la plus détaillée se trouve en Jean 10: 1-21 (Le Bon Berger).

Avant de développer sur ce texte, d’abord une chose: le sens précis de “poimen” va aussi nous éclairer. Mon vieux dictionnaire (1876) donne comme traduction: “berger, pasteur; au figuré et surtout chez les poètes: celui qui conduit, qui gouverne, qui dirige; celui qui garde, qui a soin: pasteur des peuples, chef, roi.” Aïe! Aujourd’hui on traduirait: leader! Me serais-je trompé?

Voyons comment Jésus lui-même définit le berger/pasteur en Jean 10: v 1 et 2: Il entre par la porte. v 3 – 5, 14, 16: Il appelle les brebis par leur nom et elles connaissent sa voix. v 4: Il marche devant elles. v 11: Il est le bon berger v 11 et 15: Il donne sa vie pour ses brebis. v 12 et 13: Il n’est pas un mercenaire (ou un salarié, un employé).

Qu’en déduire? Que le berger/pasteur a une relation de confiance et de connaissance réciproque avec ses brebis (ce qui n’est possible qu’avec un nombre restreint de personnes). Il montre le chemin à suivre en ouvrant la route. Il vit pour ses brebis, il donne sa vie pour elles (dans les temps de persécutions, c’est souvent lui le premier à souffrir). Il n’est pas un mercenaire, il n’est pas berger pour un salaire.

Alors oui, le berger/pasteur est un leader, mais pas selon la norme de la société environnante (le monde), mais selon celle de Jésus. “Jésus les appela, et dit: Vous savez que les chefs des nations les dominent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.

C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs.” (Matt 20:25-28)

Pierre l’exprime également clairement dans sa première épître: “Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée: Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non en vous y sentant contraints, mais de bon cœur, selon Dieu; non par intérêt financier, mais avec dévouement; non en dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire.” (I Pi 5:1-4)

Quelques remarques complémentaires au sujet de ce texte • Troupeau, paissez et souverain pasteur ont tous la même racine grecque (poim’n). D’où on peut déduire que ce sont les anciens qui “pastorisent” sous le regard de Jésus, le chef des pasteurs. • En étant des modèles et non pas en dominant. • À nouveau l’argent ne doit pas être la motivation. • Le début du verset suivant montre que les anciens ne sont pas jeunes: “De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens.”

Avec cette compréhension nouvelle, j’arrive à intégrer des pièces du puzzle qui me faisaient difficulté à cause du mot “conducteur”: Hé 13:7 Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. (Morts dans la persécution?)

Hé 13:17 Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage.

Alors, si je comprends bien, le pasteur, ou berger, ou leader, ne le devient que parce qu’il a été appelé à ce service par Dieu. Sinon qui voudrait être en première ligne face à l’adversaire et au monde, prêt à renoncer à lui-même pour être au service des autres et cela sans salaire. (Qu’il y ait entraide fraternelle et partage des biens n’est pas un salaire.)

De même que Paul disait: “Si j’annonce l’Évangile, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile!” (I Co 9:16), le pasteur authentique dirait: “Si je suis pasteur, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je ne veille pas sur le troupeau!”

Il en est de même pour tout “ministère”. Ce mot me paraît lui aussi trompeur, car chargé d’une auréole. Quand on pense à un ministre, on voit un homme avec un gros salaire, des véhicules et logements de fonction, des adjoints et secrétaires et une bonne retraite en vue. Le sens premier du terme ministère est service ou charge. Il n’y a pas de gloire sur cette terre à servir et les services que Dieu confie sont toujours liés au renoncement et à porter sa croix. Voyez où le service de Jésus l’a amené. Nous ne pouvons pas nous attendre à un chemin plus facile que le sien quand nous marchons à sa suite.

Alors oui, au risque de me contredire, il y a bien des leaders, ce sont les pasteurs/bergers de l’Église de Jésus-Christ. Mais ce sont des leaders serviteurs et non pas des dominateurs.

Amitiés à tous! Désiré

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