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Nouvelle série : l’interprétation de la Bible

Je reblogue ceci en encourageant chacun à suivre cette Nouvelle série : l’interprétation de la Bible.

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Le Bon Samaritain remis en place!

« Un docteur de la loi se leva, et dit à Jésus, pour l’éprouver : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui dit : qu’est-il écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu ? Il répondit : tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras. Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : et qui est mon prochain ? Jésus reprit la parole, et dit : un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même. » Luc 10:25-37.

Pendant longtemps, je n’ai pas été vraiment satisfait de l’explication classique de cette parabole, parce qu’il y avait certaines choses qui ne collaient pas, comme, par exemple, pourquoi Jésus demandait, qui était le prochain du blessé.

Un jour, la question initiale du docteur de la loi m’a frappé : « que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Moi, qui croyait que la vie éternelle était un don gratuit de Dieu qui se recevait par la foi. Et Jésus lui répond sans le contredire.

Cela m’a amené à relire attentivement ce texte sous ce nouvel éclairage.

D’abord le docteur de la loi, vient pour tester Jésus. Il a donc dès le début une attitude de méfiance ou même de défiance.
Jésus le ramène à ce qu’il connaît déjà : la loi, et par là il le met en porte à faux. Le docteur de la loi voulant se justifier pose alors la question : qui est ce prochain que je dois aimer.
Là, Jésus commence son récit.
Un homme agressé par des brigands gît, à demi mort sur le bord du chemin.

Un sacrificateur qui passe par là n’intervient pas, et pas non plus un lévite. Ce n’était pas qu’ils n’avaient pas de cœur, mais simplement qu’ils ne pouvaient pas prendre le risque de se souiller au contact d’un mort. C’était même totalement interdit pour un sacrificateur : « L’Éternel dit à Moïse : Parle aux sacrificateurs, fils d’Aaron, et tu leur diras : Un sacrificateur ne se rendra point impur parmi son peuple pour un mort, excepté pour ses plus proches parents, pour sa mère, pour son père, pour son fils, pour son frère, et aussi pour sa sœur encore vierge, qui le touche de près lorsqu’elle n’est pas mariée. » Lévitique 21:1-3.
Le Samaritain, étant considéré comme un hérétique par les Juifs, n’avait pas ce problème de pureté. Il fait tout ce qui est nécessaire pour que le blessé ne meure pas, mais pour qu’il revienne à la vie. Il fait ceci parce qu’il est « ému de compassion »
Et là vient la question de Jésus : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? Luc 10:36, LSg. »
C’est doublement une question piège, car il force le docteur de la loi, à dire un mot qu’il exècre : Samaritain et il lui fait comprendre que le prochain qu’il doit aimer est celui qui le sauve.

Pour aller plus profondément dans le sens de la parabole, qui était certainement très clair pour le docteur de la Loi, ce qui explique sa répugnance à répondre, voici les éléments.
Un homme en état désespéré, dans l’incapacité de se sauver de la situation dans laquelle il a été mis. Le système sacrificiel est incapable de l’aider, pas plus que le système religieux représenté par le Lévite, seul, celui qui est considéré comme un Samaritain par les chefs religieux (« Les Juifs lui répondirent : n’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? » Jean 8:48.) peut venir au secours de cet homme. Dans le Nouveau Testament, l’expression « ému de compassion » est réservée uniquement à Jésus ou à Dieu, ce qui renforce encore l’identification du Samaritain.

Donc, dans ce texte, le prochain que nous sommes appelés à aimer est celui qui nous sauve de notre misère : Jésus-Christ. Et c’est le message que Jésus a voulu faire passer à ce docteur de la loi défiant, tout en lui démontrant que c’est absolument conforme à la loi dont il fait métier.

Ce texte était compris ainsi dans l’église des premiers siècles, avec la différence d’une hyper allégorisation de chaque élément.

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Les deux natures de Jésus

Je vous recommande chaleureusement cet article, il m’a ouvert les yeux sur quelque chose qui était encore flou pour moi: Les deux natures de Jésus.

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La Bible n’est pas parfaite et elle le dit (traduction)

De Zack Hunt sur le blog http://theamericanjesus.net/

Le 28 mai 2013

Si vous bloguez suffisamment longtemps, quelqu’un finira par vous traiter d’hérétique.

Des chiens de garde autoproclamés de l’orthodoxie infestent internet presque autant que la pornographie.

Exprimez quelque chose qui ne correspond pas à leur tradition théologique particulière et ils damneront votre âme pour une éternité dans l’enfer aussi rapidement que vous cliquez sur « publier » dans votre blog.

Ma dernière accusation comme hérétique date de la semaine passée sur Twitter. Quel crime théologique ai-je commis ?

Je ne crois pas à l’inerrance biblique.

J’ai cherché à faire remarquer à mon inquisiteur que l’inerrance biblique est une invention fondamentaliste du 20e siècle et qui n’est pas intrinsèque à la tradition chrétienne. Mais des choses comme les faits et l’histoire de l’Église ne sont que secondaires pour le zélote religieux.

Certainement, l’hérésie peut techniquement signifier une rupture relativement au dogme traditionnel et par conséquent une nouvelle doctrine comme celle de l’inerrance qui est en rupture avec l’approche dogmatique traditionnelle de l’Écriture (qui remonte jusqu’aux premiers Pères de l’Église) serait techniquement une hérésie.

Déclarer que votre affirmation exprime une plus authentique (ou plus « fondamentale ») forme de christianisme, envers et contre presque tous ceux qui vous ont précédé vous placerait en compagnie de Joseph Smith et des Saints des Derniers Jours.

Mais c’est moi l’hérétique ici.

Juste.

Quoi qu’il en soit, cet article n’est pas sur les problèmes historiques liés à l’inerrance biblique. Il parle du manque de foi que cette conception manifeste et de ce que la Bible déclare véritablement à son propre sujet.

C’est exact. J’ai dit un manque de foi.

Est-ce qu’affirmer l’inerrance biblique dans une société de plus en plus post-chrétienne n’est pas un acte courageux de foi ?

Pas du tout.

La foi, comme Paul Tillich l’a dit, exige une part de doute. C’est le choix de croire face à une évidence incomplète ou même imparfaite. L’inerrance, par contre, est l’affirmation arrogante d’une certitude face à la réalité.

Et, comme Anne Lamott le relève de manière éloquente : « Le contraire de la foi n’est pas le doute, c’est la certitude. »

L’inerrance biblique est une certitude fondée sur la crainte et le besoin de contrôle. S’il y a une seule « erreur » dans la Bible, comme le déclarent les inerrantistes, comment pouvoir y faire confiance ? La réponse à cette question prétendument difficile est en fait assez simple.

La foi.

Comment le sais-je ? Parce que j’ai une maman.

Quand j’étais enfant, ma maman me disait de regarder des deux côtés avant de traverser une route. Si je ne regardais pas des deux côtés, disait-elle, je pourrais ne pas voir une voiture arriver. Si je n’avais pas vu cette voiture et que je m’étais avancé devant elle, de mauvaises choses pourraient m’arriver, comme des os fracturés ou même la mort.

Ma maman n’est pas parfaite. Elle serait la première à vous le dire. Elle possède plusieurs diplômes et l’expérience d’une vie, mais elle vous dirait aussi qu’elle n’est pas inerrante.

Néanmoins, je peux lui faire confiance quand elle me dit que m’avancer au-devant d’une voiture en marche aurait des conséquences négatives pour mon bien-être.

Pourquoi ?

Parce que l’inerrance ou la « perfection » n’est pas une condition indispensable pour transmettre la vérité, la connaissance, ou même la confiance. Quelque chose ne peut pas être complètement faux et demeurer « vrai » et « digne de confiance », des erreurs ne rendent pas quelqu’un ou quelque chose totalement invalide.

C’est pour cela que l’exemple de ma maman est si important

Quand j’ai grandi, je suis passé à ce stage que nous connaissons tous où nous réalisons que nos parents ne sont pas parfaits. Peu importait à quel point je désirais qu’elle soit parfaite, je devais accepter que ma maman faisait des erreurs et qu’elle avait tort dans certains domaines. Cette réalité ne remettait pas en cause les choses vraies qu’elle m’avait apprises, comme le fait que m’avancer en ignorant le trafic était une très mauvaise idée.

Quand je suis devenu adulte, j’ai quitté la certitude par laquelle je croyais que ma maman était parfaite, vers une foi en elle quand j’ai reconnu ses défauts. Ma maman n’a changé en rien durant cette période. Elle m’aime toujours autant et je l’aime de même. Je peux lui poser plus de questions que quand j’avais 5 ans, mais toute une vie d’amour et de conseils me permet de continuer à garder ma foi en elle et dans son désir de ce qui est mieux pour moi. Quand elle parle, elle exprime ce qu’elle croit être la vérité et même si je peux trouver quelques erreurs dans ce qu’elle dit ou fait, cela ne signifie pas qu’elle est subitement devenue une menteuse indigne de confiance.

En d’autres termes, ma maman ressemble beaucoup à la Bible. Elle n’est pas parfaite, mais je peux néanmoins avoir confiance dans la véracité de ce qu’elle dit.

Vous voyez, c’est permis de croire que l’arche de Noé était remplie de tous les animaux de la Terre quand vous aviez 5 ans et ensuite de changer d’avis lorsque vous vous rendez compte de l’impossibilité matérielle, quand vous êtes devenu adulte. Ceci tout en gardant foi dans cette histoire. Pourquoi ? Parce que la vérité de l’arche de Noé ne se trouve pas dans sa précision zoologique. On la trouve dans le message d’un Dieu qui veille sur sa création et s’en occupe, même au milieu d’une tempête.

Ces diverses sortes de vérités que la Bible cherche à transmettre ne dépendent pas de la perfection de leurs auteurs ou même qu’ils ont raison sur tous les points. Ces sortes de vérité nécessitent seulement un message véridique.

Eh oui, j’ai dit auteurs.

La simple réalité montre que la Bible a été écrite par des personnes. Si vous ne me croyez pas, je devrais remettre en question le soin avec lequel vous avez réellement lu les nombreux livres de la Bible qui déclarent explicitement leur paternité humaine, comme chacune des lettres de Paul pour n’en nommer que quelques-uns.

Mais, cela ne signifie pas que la Bible n’est pas « inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, et pour former à la justice. » Elle l’est profondément. Mais Écriture « inspirée de Dieu » et Écriture « infaillible » sont deux choses très différentes. Comment puis-je le savoir ?

Parce que la Bible me le dit.

Vous souvenez-vous de l’autre moment important où nous lisons sur quelque chose qui est « inspiré de Dieu » dans l’Écriture ? Bien sûr. Nous le trouvons au tout début, en Genèse 2:7, quand Dieu a pris la poussière de la terre, et qu’il y insuffla la vie pour créer l’humanité.

En ce moment, Dieu insuffla la vie en quelque chose… qui n’était pas parfait. Cela ne pouvait pas l’être, car ce quelque chose n’était pas Dieu.

(Avant que vous essayiez d’argumenter sur notre perfection avant la chute, demandez-vous d’abord pourquoi le fruit défendu aurait été une tentation si nous étions déjà parfaits. Ne l’oubliez pas, Dieu nous a appelés « bons », mais pas parfaits.)

Comme l’Écriture est aussi « inspirée de Dieu », cela signifie qu’elle n’est pas non plus Dieu. Ni même qu’elle vient directement de Dieu, mais qu’elle passe par un intermédiaire. Au début, l’intermédiaire entre nous et Dieu était la poussière. Dieu a soufflé en elle et notre création en a résulté.

Pour la Bible, Dieu a insufflé sa vérité dans les cœurs et les pensées de personnes. La création de la Bible en fut le résultat. Mais, comme cette vieille poussière de laquelle nous sommes nés, les personnes qui ont écrit la Bible, les intermédiaires de Dieu, n’étaient pas parfaits. C’est pour cela que Paul dit : « Aujourd’hui, nous voyons comme dans un miroir, d’une manière floue, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui, je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. »

Si Paul savait que la Bible, ou les parties qu’il en avait étaient parfaites, il aurait simplement dit : « Nous connaissons parfaitement parce que nous avons l’Écriture. » Mais il ne l’a pas dit, parce qu’il savait que même avec l’Écriture comme source de connaissance que la connaissance était imparfaite, car elle était inspirée de Dieu, et qu’elle n’était pas Dieu Lui-même.

En d’autres mots, la Bible inspirée de Dieu est semblable aux personnes inspirées qui l’ont écrite. Elle n’est pas parfaite. Et ce n’est pas grave parce que, comme c’est le cas avec nos parents, nous pouvons néanmoins apprendre des vérités importantes de la part de gens imparfaits.

C’est là que la foi entre en jeu. La foi nous oblige à dépendre de Dieu et à mettre notre confiance en Lui. Sans la nécessité de la foi, Dieu n’est pas vraiment nécessaire, du moins de ce côté de l’éternité. Quand Paul parle de voir comme dans un miroir, de manière floue, c’était une déclaration de foi que, même si ses connaissances étaient seulement partielles et imparfaites, elles étaient suffisantes pour son salut, suffisant pour le guider jusqu’au retour du Christ. Quand nous prenons le chemin de l’inerrance, l’espace pour ce genre de foi humble s’évapore et il est remplacé par une arrogance qui déclare une certitude plus forte que celle que les auteurs bibliques eux-mêmes étaient prêts à affirmer.

Ce qui signifie que lorsque nous affirmons l’inerrance, nous rejetons la nécessité de la foi.

Lorsque nous affirmons l’inerrance, nous attribuons la perfection à la création plutôt qu’au Créateur.

Lorsque nous affirmons l’inerrance, nous créons une idole fabriquée à partir du même besoin de certitude et de contrôle qui a poussé Adam et Ève à voler à Dieu sa divinité.

Exprimé simplement, l’inerrance biblique n’est pas biblique.

Mais je ne suis pas assez naïf pour penser que quelqu’un qui croit en l’inerrance biblique va « découvrir la lumière » après avoir lu ce message.

Notre crainte et notre nécessité enracinée de contrôle ne sont pas surmontées aussi facilement.

Donc, si vous lisez ce message et vous affirmez l’inerrance biblique, sachez que vous n’êtes pas seulement en rupture avec la tradition de l’Église, mais que vous rejetez également l’imperfection que la Bible s’attribue elle-même, cette imperfection qui est nécessaire pour la foi.

Vous pouvez avoir la certitude et par conséquent ne pas avoir besoin de foi dans la Bible.

Au contraire, l’apôtre Paul avait certainement besoin de foi.

Et moi de même.

Grâce et paix,

Zack Hunt

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La parole de l’Eternel était rare à cette époque, les visions n’étaient pas fréquentes (1 Sam 3:1)

Cela fait déjà longtemps que je me débats avec le concept de la Bible comme parole objective de Dieu, premièrement parce que la Bible ne parle jamais d’elle-même sous cette expression. Quand un auteur sacré parle de la Bible, il emploie le terme « Écriture(s) ».
Alors pendant longtemps, j’ai dit que Parole de Dieu avait différents sens suivant le contexte. Il s’agissait soit de paroles que Dieu avait adressées directement à un prophète ou au travers d’un prophète soit de Jésus-Christ lui-même comme expression de Dieu, ou dans les Actes en particulier, de l’annonce de Jésus-Christ de sa vie, de sa mort et de sa résurrection.

Mais en pensant et réfléchissant à ce verset de 1 Samuel, j’ai mieux compris. Dans ce texte, « parole de l’Éternel » est mis en parallèle avec « visions ». Ce texte implique non pas que la partie de la Bible existante était rare à l’époque, mais que Dieu était silencieux et semblait éloigné de son peuple. Dans les Écritures, l’expression « parole de Dieu » et ses variantes veut simplement dire révélation de Dieu. Il me semble que l’on peut toujours remplacer « parole de Dieu » dans ses diverses utilisations par « révélation de Dieu ». C’est tout aussi juste pour les prophètes à qui la révélation de Dieu est adressée, pour la Loi qui est une révélation de la volonté de Dieu à son peuple et pour Jésus-Christ qui est la parfaite et finale révélation de Dieu. C’est aussi vrai pour les dons de l’esprit qui sont des révélations de Dieu dans des circonstances particulières. À cette lumière, on peut également dire que la Bible est parole de Dieu quand elle nous révèle Dieu ou dans son ensemble comme révélation, mais certainement pas quand un verset ou un ensemble de versets est utilisé pour défendre un point de vue.

Qu’est-ce que cela implique? En faisant de la Bible la Parole de Dieu par excellence, nous avons de fait érigé un nouvel intermédiaire entre Dieu et les hommes et ceci contre le texte des Écritures. Nous critiquons le catholicisme pour sa médiation entre Dieu est les croyants par l’intermédiaire du magistère, mais nous avons simplement remplacé le magistère par une autre médiation, celle de la lettre.

Le désir et la volonté de Dieu pour chacun de nous, est d’avoir une relation directe, sans médiation autre que celle de son Fils. Nous avons troqué une grande partie cette relation directe et intime contre ce qui est trop souvent devenu une philosophie ou une théologie. Dieu veut être vivant et présent et agissant au milieu de son peuple et au travers de son peuple pour toucher le monde.
Comme le peuple d’Israël était effrayé par la présence manifeste de Dieu, Moïse a dû couvrir son visage d’un voile. Nous, de même, par crainte d’une relation directe nous utilisons le voile de la Bible, alors que nous avons besoin d’un dévoilement (d’une révélation) pour pouvoir voir et comprendre et rayonner de la gloire de Dieu.
Si nous désirons voir la gloire de Dieu dans nos vies et au travers de nos vies pour le monde, nous devons redonner à la Bible sa vraie place, non pas celle d’intermédaire mais celle de témoignage  de ce à quoi Dieu nous appelle à vivre.

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Réponses à des questions que beaucoup se posent.

Je vous partage ci-dessous une réponse assez détaillée à une interrogation dans un forum auquel je participe:

Salut …, tu demandes:

Quel est le sens de la vie ? Pourquoi Dieu a créé la vie ? La création n’a fait que permettre à des millions de personnes d’aller mourir en enfer. Si Dieu connaissait tout à l’avance, s’il savait que les hommes se rebelleraient contre lui et que des millions (milliards ?) iraient brûler en enfer, pourquoi les a-t-il créés malgré tout ? Souhaitait-il avoir pour lui des gens qui l’adoreraient pour son bon plaisir, qui lui voueraient un culte de la personnalité, même au prix de millions de vies qui souffriraient pour l’éternité ? J’ai du mal à voir l’amour de Dieu là dedans… Certes il a prévu un plan de « secours » des hommes avec la venue de Jésus. Mais si ça en a sauvé certains, il savait très bien qu’une immense quantité de personnes n’en profiteraient pas. Et pour ces personnes là, ce plan de secours ne sert à rien : elles finiront en enfer. Je n’arrive pas à voir l’amour de Dieu ici…

Je vais prendre un exemple. Personnellement, si j’avais le pouvoir de connaître l’avenir, et que je savais que mon futur enfant deviendrait, quoi que je fasse, un criminel notoire qui finira ses jours en prison et qui souffrira toute sa vie, je n’en ferais tout simplement pas ! Pourquoi créer la vie, si c’est pour que ça soit une vie de souffrance ?

Si Dieu est amour, alors il n’aurait pas créé les hommes en sachant pertinemment que la plupart iraient souffrir en enfer…

Je vais te donner les réponses actuelles à mes questions.

Je pense que nous sommes tous différents et que ce qui satisfait l’un peut laisser l’autre indifférent ou même le choquer. Nous sommes des êtres finis et nous ne pouvons donc que très imparfaitement comprendre l’infinité de Dieu.

Peut-être que certaines de mes déclarations sembleront contradictoires, et sans doute elles le sont. Mais…, la pensée hébraïque et donc la pensée biblique, est dialectique, c’est-à-dire qu’il y a toujours une thèse et une antithèse, mais au contraire de la pensée grecque, il n’y a pas de synthèse. La pensée grecque qui est à la base de la théologie européenne fige tout par thèse antithèse et synthèse. Par contre, la pensée hébraïque ne connaît pas la synthèse ; toute antithèse appelle une autre antithèse, cela conduit à un déséquilibre permanent que j’assimile à la marche en bipédie. Il y a un chapitre du Premier Testament, où il est écrit que Dieu n’est pas un homme pour se repentir et quelques versets plus loin, Dieu dit qu’il se repent. Cela pourrait ressembler à une contradiction, mais cela n’en est pas une au point de vue biblique et hébraïque. Ce sont deux réalités antithétiques qui sont comme deux lignes parallèles, elles ne se rejoignent que dans l’infini de Dieu, comme nous sommes finis, nous ne pouvons voir leur point de rencontre et la vérité unique qu’elles représentent. Cette apparence de dualité irrésolvable se trouve aussi dans le monde physique au niveau quantique, elle fait donc partie de l’essence de notre univers.

Il y a en parallèle quelque chose de très riche dans la pensée hébraïque et qui est très différent de notre pensée occidentale. Chez nous en héritage à la pensée grecque on cherche à apporter les bonnes réponses, on met l’accent sur le savoir ; au contraire, dans les écoles rabbiniques, on apprend à poser les bonnes questions, on met l’accent sur la réflexion et sur la sagesse.

Alors pour tenter de répondre à tes questions :

1° Pourquoi Dieu a créé la vie ?

Je crois que Dieu a créé l’homme dans le but d’étendre sa famille, dans le but de partager sa divinité, ou plutôt de nous intégrer dans sa divinité. Il nous a créés à son image, à sa ressemblance, parce que son but était que nous devenions participants de sa nature (2 Pi 1 :4), non en conquérant notre autonomie à l’instar d’Adam et Ève, mais par la communion avec lui. Pour que nous puissions devenir pleinement participants à sa nature, il faut que nous le choisissions librement et de tout notre cœur. Mais si nous sommes libres (à l’image de Dieu), nos choix ne peuvent être connus à l’avance. Donc Dieu ne pouvait pas savoir (même s’il pouvait s’en douter), que son dessein déraperait pareillement, et ceci dès la première génération. Néanmoins, il avait déjà prévu un plan de secours pour ceux qui s’égareraient.

2° Si Dieu connaissait tout à l’avance, s’il savait que les hommes se rebelleraient contre lui et que des millions (milliards ?) iraient brûler en enfer, pourquoi les a-t-il créés malgré tout ?

La notion de l’enfer que tu présentes, ne vient pas directement des Écritures, mais elle vient du catholicisme romain, et aussi et principalement, de la Divine Comédie de Dante. Les Orthodoxes comprennent cela différemment et ma compréhension actuelle est proche de la leur. Premièrement, je ne crois pas qu’il y aura deux lieux après la résurrection générale (en passant, notre conception habituelle d’aller au ciel après la mort provient plus du paganisme grec que des Écritures, celles-ci parlant de mort suivie dans un futur plus ou moins proche d’une résurrection générale), mais un seul lieu, où la terre (le monde physique) et les cieux (le monde spirituel) seront à nouveau pleinement réunis. À la résurrection, le jugement sera la présence sans limites de Dieu. Ceux qui auront appris à le connaître et à marcher avec lui sur cette terre, se réjouiront de le voir enfin face à face (même si leurs œuvres seront jugées par le feu), pour les autres l’intensité de sa présence consumera tout ce qu’il y a de corrompu et d’impur en eux. Certains seront purifiés par ce feu, car aucune de leurs bonnes œuvres ne sera perdue, mais il y en a d’autres, je le crains, qui seront tellement corrompus qu’ils seront consumés jusqu’à la moelle. Je pense que le nombre de ces derniers sera assez restreint.

J’aimerais ajouter une réflexion récente : j’avais des difficultés avec la notion de Dieu en colère, mais je suis tombé sur des versets qui en parlaient assez clairement (entre autres dans l’Apocalypse) et j’ai demandé à Dieu une explication. Le même jour, j’ai reçu une demande de pétition internet en faveur d’un sanctuaire pour animaux sauvages et l’auteur de la pétition parlait de sa colère contre la destruction de l’habitat d’espèces menacées. J’ai reconnu alors qu’il y a beaucoup de choses qui me mettent en colère, comme la destruction de la création, l’essai d’armes chimiques sur des civils, ou l’essai de médicaments sur des populations pauvres, l’exploitation sexuelle des enfants et des femmes, etc. Moi, je suis limité et j’oublie vite, mais Dieu est pleinement et constamment conscient de toutes ces horreurs (et de bien d’autres) et il a vraiment de quoi être en colère.

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Le « Ciel », selon N.T. Wright

Je vous partage, en traduction, un passage du livre « Simply Jesus » de N.T. Wright que j’ai trouvé particulièrement frappant.

Aujourd’hui, dans le monde occidental, la plupart des gens imaginent que par définition, le « ciel » ne peut pas contenir un corps physique matériel comme nous le comprenons. Ceci parce que nous sommes profondément des platoniciens, qui supposent que s’il y avait un « ciel », il devrait être éthéré, hors d’atteinte de l’espace, du temps et de la matière. Mais supposons que Platon avait tort.

Supposons, en d’autres termes, que les anciennes écritures israélites étaient dans le vrai, et que le ciel et la terre n’étaient, après tout, que les deux moitiés jumelles de la réalité telle que Dieu l’a créée, destinées finalement à se réunir. Supposons que ce qui les a maintenues séparées pendant tout ce temps provient de la rébellion des créatures humaines qui avaient reçu la responsabilité de la partie « terrestre ». Et, que leur rébellion avait généré une poussée d’énergie suffisante pour que la « terre » déclare, à ce qu’il semble, l’indépendance, avec le désir de se diriger par elle-même. Et supposez que cette autonomie soit devenue extrêmement puissante, maintenant les deux sphères séparées et tyrannisant la « terre » avec l’arme habituelle des tyrans, c’est-à-dire par la mort.

Supposons, ensuite, que le Dieu créateur soit finalement venu en personne pour détruire l’arme du tyran et pour inaugurer le monde nouveau dans lequel le dessein originel de la création est enfin rempli. C’est, semble-t-il, ce que les premiers chrétiens croyaient qu’il se passait quand ils rencontraient Jésus, à nouveau bien vivant et qui apparaissait être chez lui aussi bien au « ciel » où ils ne pouvaient le voir, que sur « terre », où ils le voyaient. […] Ce dont les récits de résurrection témoignent – et qui est manifestement différent d’autres récits précédents ou suivants et qui par conséquent invitent au scepticisme qu’ils ont reçu autant dans le monde antique qu’actuel – est la naissance d’une nouvelle création. Le pouvoir qui a tyrannisé l’ancienne création a été brisé, défait, renversé. Le Royaume de Dieu est maintenant initié, et initié avec puissance et gloire, sur la terre, comme au ciel.

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