Désiré Rusovsky
Je suis né d'en bas en 1951 et né d'en haut en 1971! J'ai trois enfants, 7 petites-filles et 2 petits-fils. J'aime me poser des questions et je n'aime pas les réponses toutes faites. J'ai une curiosité intellectuelle irrépressible qui touche de nombreux domaines. Mes domaines préférés sont l'histoire du christianisme, la science, la nature (en particulier les plantes et les insectes), … Je m'interroge depuis longtemps entre le décalage entre ce que je lis dans la Bible et ce que je vois et je vis moi-même.
Homepage: https://glanages.wordpress.com
La parole de l’Eternel était rare à cette époque, les visions n’étaient pas fréquentes (1 Sam 3:1)
Cela fait déjà longtemps que je me débats avec le concept de la Bible comme parole objective de Dieu, premièrement parce que la Bible ne parle jamais d’elle-même sous cette expression. Quand un auteur sacré parle de la Bible, il emploie le terme « Écriture(s) ».
Alors pendant longtemps, j’ai dit que Parole de Dieu avait différents sens suivant le contexte. Il s’agissait soit de paroles que Dieu avait adressées directement à un prophète ou au travers d’un prophète soit de Jésus-Christ lui-même comme expression de Dieu, ou dans les Actes en particulier, de l’annonce de Jésus-Christ de sa vie, de sa mort et de sa résurrection.
Mais en pensant et réfléchissant à ce verset de 1 Samuel, j’ai mieux compris. Dans ce texte, « parole de l’Éternel » est mis en parallèle avec « visions ». Ce texte implique non pas que la partie de la Bible existante était rare à l’époque, mais que Dieu était silencieux et semblait éloigné de son peuple. Dans les Écritures, l’expression « parole de Dieu » et ses variantes veut simplement dire révélation de Dieu. Il me semble que l’on peut toujours remplacer « parole de Dieu » dans ses diverses utilisations par « révélation de Dieu ». C’est tout aussi juste pour les prophètes à qui la révélation de Dieu est adressée, pour la Loi qui est une révélation de la volonté de Dieu à son peuple et pour Jésus-Christ qui est la parfaite et finale révélation de Dieu. C’est aussi vrai pour les dons de l’esprit qui sont des révélations de Dieu dans des circonstances particulières. À cette lumière, on peut également dire que la Bible est parole de Dieu quand elle nous révèle Dieu ou dans son ensemble comme révélation, mais certainement pas quand un verset ou un ensemble de versets est utilisé pour défendre un point de vue.
Qu’est-ce que cela implique? En faisant de la Bible la Parole de Dieu par excellence, nous avons de fait érigé un nouvel intermédiaire entre Dieu et les hommes et ceci contre le texte des Écritures. Nous critiquons le catholicisme pour sa médiation entre Dieu est les croyants par l’intermédiaire du magistère, mais nous avons simplement remplacé le magistère par une autre médiation, celle de la lettre.
Le désir et la volonté de Dieu pour chacun de nous, est d’avoir une relation directe, sans médiation autre que celle de son Fils. Nous avons troqué une grande partie cette relation directe et intime contre ce qui est trop souvent devenu une philosophie ou une théologie. Dieu veut être vivant et présent et agissant au milieu de son peuple et au travers de son peuple pour toucher le monde.
Comme le peuple d’Israël était effrayé par la présence manifeste de Dieu, Moïse a dû couvrir son visage d’un voile. Nous, de même, par crainte d’une relation directe nous utilisons le voile de la Bible, alors que nous avons besoin d’un dévoilement (d’une révélation) pour pouvoir voir et comprendre et rayonner de la gloire de Dieu.
Si nous désirons voir la gloire de Dieu dans nos vies et au travers de nos vies pour le monde, nous devons redonner à la Bible sa vraie place, non pas celle d’intermédaire mais celle de témoignage de ce à quoi Dieu nous appelle à vivre.
10 choses que le Saint-Esprit ne fait pas (traduction)
Posted in Foi, Traductions on 2 janvier 2013
Ce que Jésus n’a pas voulu dire au sujet de l’Aide qu’il nous a envoyé…
Nous entendons souvent parler du « cahier des charges » du Saint-Esprit lors de sermons spéciaux sur la puissance. Le Saint-Esprit n’a pas de « cahier des charges » dans ses relations avec vous. Ce n’est pas un ouvrier qui fait ses 40 heures par semaine pour la divinité, et des heures supplémentaires le dimanche. Il est l’Esprit du Père et également celui du Christ. Il n’accomplit pas son boulot en vous et au travers de vous, mais il est simplement lui-même et il se révèle à vous et à ceux qui vous entourent.
Cela dit, voici une liste de 10 choses qu’il ne fait certainement pas. Si vous en avez d’autres, ajoutez-les aux commentaires ci-dessous.
1. Vous convaincre de votre péché.
Jean 16:8-9 dit qu’il convainc le monde de péché et que ce péché est spécifiquement l’incrédulité. Comme vous croyez en Jésus, vous n’avez pas besoin d’être convaincu d’incroyance. Vous n’êtes pas non plus du monde (Jean 15:19), mais vous êtes nés de Dieu et par conséquent vainqueurs du monde (1 Jean 5:4).
2. Tenir un registre de vos fautes.
Dieu a juré par lui-même de ne jamais plus se souvenir de vos péchés. Cela signifie qu’Il ne les enregistre pas pour sur un DVD Blue Ray pour les regarder avec votre grand-mère quand vous aurez passé les portes du paradis.
3. Prendre des décisions à votre place.
Vous pouvez certainement lui demander son avis, et je suis 100 % sûr que cet avis sera bon. Avec qui me marierais-je ? Quel travail devrais-je faire ? Où devrais-je habiter ? Il se soucie vraiment de ces choses, mais il ne va pas faire les choix pour vous. Vos décisions sont vos décisions. Demandez-lui et faites-lui confiance.
4. Venir et repartir.
Il est toujours avec vous (Mat 28:20). Dieu a également dit que jamais il ne nous laisserait ni ne nous oublierait (Héb 13:5). Vous êtes entré en relation avec une personne. Vous avez tous reçu de sa plénitude (Jean 1:16), et il habite pleinement en vous (Rom 8:11), parce qu’en Christ habite la plénitude de la divinité (Col 2:9).
5. Augmenter votre onction.
Vous avez reçu la parfaite onction de Christ (1 Jean 2:27). Qu’est-ce que vous aimeriez voir augmenté ? Est-ce que l’onction de Christ serait déficiente ?
6. Jeter votre main sur une personne malade.
Prier pour les malades est notre privilège. C’est ainsi que Dieu aime. Le Saint-Esprit désire aimer toutes les personnes avec lesquelles vous entrez en contact, mais c’est vous qui contrôlez qui vous aimez et à quel degré. Il peut vous parler du besoin d’une personne (1 Cor 12:8-10), mais le choix d’aimer et de partager est toujours à vous.
7. Vous dire comment payer votre dîme.
Le Saint-Esprit ne s’intéresse pas à votre dîme, en fait, il s’intéresse à vous délivrer de la Loi. Vous devez décider dans votre propre cœur combien vous voulez donner sans que ce soit à contrecœur (2 Cor 9:7). Si vous le lui demandez, ne soyez pas étonnés si vous entendez toujours : « Tout. » (Actes 2:45)
8. Écrire les 10 Commandements dans votre cœur.
Son ministère est celui de la vie et non de la mort (2 Cor 3:6-9). S’il écrivait les 10 Commandements dans votre cœur, il pourrait tout aussi bien signer votre certificat de décès.
9. Vous révéler le fruit que vous ne portez pas.
C’est lui qui fait fructifier. C’est son fruit et non pas le vôtre (Gal 5:22-23). Il peut le faire croître bien mieux que vous, et il désire le faire croître au travers de vous et en vous pendant que vous vous reposez sur l’œuvre parfaitement accomplie du Christ.
10. Vous enseigner au travers de la souffrance et de la maladie.
Il nous enseigne à refuser l’impiété (Tite 2:11-12) et il nous corrige par sa parole (2 Tim 3:16) et par son onction (1 Jean 2:27). Il ne nous enseigne pas par la maladie. Si vous pensez vraiment qu’il vous enseigne par la maladie, est-ce qu’aller chez le médecin ne fait pas manquer les cours ?
Prochainement, je vais vous donner un aperçu de ce qu’il a réellement envie de faire.
Grâce et Paix !
Cornel
Une quadruple bénédiction franciscaine (pour cette nouvelle année)
Posted in Bénédiction, Prière, Traductions on 2 janvier 2013
Que Dieu vous bénisse d’un inconfort agité face aux réponses faciles, aux demi-vérités et aux relations superficielles, de sorte que vous pouvez rechercher la vérité avec audace et avec un amour profond dans votre cœur.
Que Dieu vous bénisse d’une sainte colère face à l’injustice, à l’oppression et à l’exploitation des personnes, de sorte que vous puissiez inlassablement œuvrer en faveur de la justice, de la liberté et de la paix parmi tous les peuples.
Que Dieu vous bénisse du don de larmes à verser avec ceux qui souffrent de douleurs, de rejet, de famine ou de la perte de tout ce qu’ils chérissent, de sorte que vous puissiez tendre la main pour les réconforter et pour transformer leur douleur en joie.
Que Dieu vous bénisse avec suffisamment de folie pour croire que vous POUVEZ vraiment faire une différence dans ce monde, afin que vous deveniez capables, avec la grâce de Dieu, de faire ce que d’autres prétendent impossible.
Et que la bénédiction de Dieu Suprême Majesté et notre Créateur, de Jésus Christ, le Verbe incarné, qui est notre frère et notre Sauveur et de l’Esprit-Saint, notre Avocat et Guide, soit et demeure avec vous, aujourd’hui et pour toujours.
Tiré de http://crossroadjunction.com/2012/12/31/blessing/
Le réveil, à attendre ou à vivre? (traduction)
Posted in Foi, Traductions on 16 octobre 2012
Scripture talks a whole lot more about what God has already done through His Son.
He is seated.
He isn’t « about to move ».
He ‘moved’ 2,000 years ago.
It’s your turn.
Si vous désirez que l’ensemble du milieu charismatique accepte ce que vous dites, contentez vous de parler du « réveil qui vient » ou de ce que Dieu est « sur le point de faire ».
D’un autre côté si vous désirez vous recentrer vers Jésus et sur ce que Dieu a déjà réalisé au travers de Lui, préparez vous plutôt à être examiné de près, à être mis de côté et à être faussement accusé.
La religion aime parler de ce que Dieu est « sur le point de faire ».
Il n’est pas « sur le point de se mettre en action ».
Il s’est « mis en action » il y a 2000 ans.
Maintenant c’est à votre tour.
Qu’en pensez-vous?
Pourquoi des leaders? La suite… Le pasteur, un leader? (archives)
Posted in Vieux textes on 1 septembre 2012
Ma réflexion sur le leadership a de nombreuses conséquences sur la compréhension de l’Église et de son fonctionnement, en particulier face aux “ministères”.
Le ministère le plus répandu aujourd’hui est celui du pasteur. J’ai souvent dit et lu que ce ministère est l’un des moins biens définis dans la Bible. Dans le Nouveau Testament, il n’est généralement cité qu’une fois, au pluriel, dans la liste des ministères d’Éphésiens 4:11, et ceci sans aucune définition. Suivant les traductions il peut se trouver dans quelques autres textes où il parle de Jésus Christ. Par exemple dans la Bible Segond: Hé 13:20 Que le Dieu de paix, qui a ramené d’entre les morts le grand pasteur des brebis, par le sang d’une alliance éternelle, notre Seigneur Jésus, I Pi 2:25 Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes. I Pi 5:4 Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire.
MAIS…, ce n’est plus du tout vrai dans le texte grec, où “poimen” se trouve à plusieurs reprises. Il est traduit le plus souvent par “berger” et de une à trois-quatre fois par ”pasteur”. Pourquoi cette ambivalence dans la plupart des traductions françaises et anglaises? Une des exceptions, la très (trop?) littérale version Darby. Y aurait-il un désir inconscient de tromper, ou ne serait-ce pas plutôt révélateur du gauchissement de la pensée protestante sur ce sujet?
À part les textes où il est question des bergers de la Nativité et celui des “pasteurs” d’Éphésiens 4, tous les autres font référence directement ou indirectement à Jésus Christ. Jésus Christ est donc l’image parfaite du pasteur, et sa vie et sa personne définissent le “ministère” du pasteur. L’explication la plus détaillée se trouve en Jean 10: 1-21 (Le Bon Berger).
Avant de développer sur ce texte, d’abord une chose: le sens précis de “poimen” va aussi nous éclairer. Mon vieux dictionnaire (1876) donne comme traduction: “berger, pasteur; au figuré et surtout chez les poètes: celui qui conduit, qui gouverne, qui dirige; celui qui garde, qui a soin: pasteur des peuples, chef, roi.” Aïe! Aujourd’hui on traduirait: leader! Me serais-je trompé?
Voyons comment Jésus lui-même définit le berger/pasteur en Jean 10: v 1 et 2: Il entre par la porte. v 3 – 5, 14, 16: Il appelle les brebis par leur nom et elles connaissent sa voix. v 4: Il marche devant elles. v 11: Il est le bon berger v 11 et 15: Il donne sa vie pour ses brebis. v 12 et 13: Il n’est pas un mercenaire (ou un salarié, un employé).
Qu’en déduire? Que le berger/pasteur a une relation de confiance et de connaissance réciproque avec ses brebis (ce qui n’est possible qu’avec un nombre restreint de personnes). Il montre le chemin à suivre en ouvrant la route. Il vit pour ses brebis, il donne sa vie pour elles (dans les temps de persécutions, c’est souvent lui le premier à souffrir). Il n’est pas un mercenaire, il n’est pas berger pour un salaire.
Alors oui, le berger/pasteur est un leader, mais pas selon la norme de la société environnante (le monde), mais selon celle de Jésus. “Jésus les appela, et dit: Vous savez que les chefs des nations les dominent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.
C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs.” (Matt 20:25-28)
Pierre l’exprime également clairement dans sa première épître: “Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée: Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non en vous y sentant contraints, mais de bon cœur, selon Dieu; non par intérêt financier, mais avec dévouement; non en dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire.” (I Pi 5:1-4)
Quelques remarques complémentaires au sujet de ce texte • Troupeau, paissez et souverain pasteur ont tous la même racine grecque (poim’n). D’où on peut déduire que ce sont les anciens qui “pastorisent” sous le regard de Jésus, le chef des pasteurs. • En étant des modèles et non pas en dominant. • À nouveau l’argent ne doit pas être la motivation. • Le début du verset suivant montre que les anciens ne sont pas jeunes: “De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens.”
Avec cette compréhension nouvelle, j’arrive à intégrer des pièces du puzzle qui me faisaient difficulté à cause du mot “conducteur”: Hé 13:7 Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. (Morts dans la persécution?)
Hé 13:17 Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage.
Alors, si je comprends bien, le pasteur, ou berger, ou leader, ne le devient que parce qu’il a été appelé à ce service par Dieu. Sinon qui voudrait être en première ligne face à l’adversaire et au monde, prêt à renoncer à lui-même pour être au service des autres et cela sans salaire. (Qu’il y ait entraide fraternelle et partage des biens n’est pas un salaire.)
De même que Paul disait: “Si j’annonce l’Évangile, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile!” (I Co 9:16), le pasteur authentique dirait: “Si je suis pasteur, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je ne veille pas sur le troupeau!”
Il en est de même pour tout “ministère”. Ce mot me paraît lui aussi trompeur, car chargé d’une auréole. Quand on pense à un ministre, on voit un homme avec un gros salaire, des véhicules et logements de fonction, des adjoints et secrétaires et une bonne retraite en vue. Le sens premier du terme ministère est service ou charge. Il n’y a pas de gloire sur cette terre à servir et les services que Dieu confie sont toujours liés au renoncement et à porter sa croix. Voyez où le service de Jésus l’a amené. Nous ne pouvons pas nous attendre à un chemin plus facile que le sien quand nous marchons à sa suite.
Alors oui, au risque de me contredire, il y a bien des leaders, ce sont les pasteurs/bergers de l’Église de Jésus-Christ. Mais ce sont des leaders serviteurs et non pas des dominateurs.
Amitiés à tous! Désiré
Pourquoi des leaders? (archives)
Posted in Vieux textes on 1 septembre 2012
Suite à une discussion j’ai repensé à des textes que j’ai écrit il y a des années.
Je ne le dirais plus ainsi, mais cela peut être une bonne base de discussion.
Dernièrement, je lisais un livre (en anglais) sur le leadership. Quelques idées intéressantes à glaner. Mais également, des justifications de la pratique du leadership dans des textes où elle est manifestement absente. Cela m’a mené à une de ces pensées éclair (révélations?) qui m’arrivent de temps en temps. La voilà quelque peu élaborée.
Est-ce que le concept du leadership n’a pas gauchi notre compréhension des Écritures? Alors qu’il ne s’y trouve que fort peu. J’ai consulté la Online Bible: « leader » se trouve 3 fois dans l’AT dans la version ASB, mais pas dans le NT. L’équivalent français « dirigeant » ne se trouve pas dans la LSg, sauf une fois sous une forme verbale.
« Conducteurs », 3 fois, uniquement en Hébreux 13 Heb 13:7 Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. Heb 13:17 Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage. Heb 13:24 Saluez tous vos conducteurs, et tous les saints. Ceux d’Italie vous saluent.
Le verbe « diriger » n’est présent que deux fois dans le NT LSg dans un sens approchant de celui utilisé aujourd’hui mais sans beaucoup de précisions: 1Th 5:12 Nous vous prions, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent.
1Ti 5:17 Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d’un double honneur, surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l’enseignement. (Est-ce que cela sous-entend qu’il y a des anciens qui dirigent mal?)
Cela me semble un peu mince pour tout le plat que l’on fait de cette question. Surtout que le domaine de direction concerné est peu défini dans ces textes!
Autre question directement relative: Quand on est gêné par un mot on cherche à en employer un autre moins rugueux. Pourquoi donc utiliser « leader » au lieu de directeur, dirigeant, conducteur, chef, …? Si l’on n’ose pas utiliser le mot français, cela dénote pour moi qu’il y a un problème sous-jacent, peut-être même un désir inconscient de tromper sur la marchandise.
Quand au mot allemand “Führer” il est encore plus mal connoté (bon d’accord, il existe le synonyme “Leiter”). Leader Massimo, n’est guère mieux, c’est le titre donné à Fidel Castro!
En écrivant, je me suis aperçu que moi-même j’ai un problème avec le mot « leader », car en le traduisant de l’anglais, j’avais l’habitude d’écrire « responsable » alors que la traduction juste est « dirigeant ».
Alors vient la question suivante: est-ce que l’Église est composée de dirigeants et de dirigés, à l’image d’une armée ou d’une entreprise, ou est-elle une famille? Dans une famille, les parents dirigent certainement leurs enfants, mais ils ne font pas que cela, loin de là! Dans une armée, la plupart des soldats sont destinés à rester soldats ou à devenir de la chair à canon! Dans une entreprise la majorité des ouvriers et des employés sont destinés à rester ce qu’ils sont. Dans une famille, tous les enfants sont destinés à devenir des adultes comme leurs parents et, si possible, à devenir eux-mêmes parents. Ce n’est pas en le dirigeant qu’on amène un enfant à devenir adulte, c’est en le nourrissant, en l’aimant, en le protégeant, en le guidant aussi.
Est-ce que cette phraséologie ne serait que la version moderne de la division de l’Église entre clergé et laïcs? Il est clair que de refuser cette compréhension de l’Église touche les fondements mêmes des systèmes religieux actuels. Je me propose dans des réflexions futures, de développer la vision de l’Église comme famille, de la signification des ministères en son sein, et du rôle des anciens. Je pense qu’il est nécessaire, à l’instar du ministère de Jérémie, de d’abord déraciner ou arracher les vieux arbres pourris, avant de faire une nouvelle plantation, ou de raser totalement un bâtiment quand ses fondations sont devenues incapables d’assurer sa stabilité et qu’elles le rendent dangereux.
Amitiés à tous! Désiré
Une prière orthodoxe (traduction libre)
Posted in Foi, Traductions on 1 septembre 2012
Je m’attends à toi
Seigneur, je ne sais que te demander.
Toi seul connais mes vrais besoins.
Tu m’aimes plus que ce que je comprends de l’amour.
Aide-moi à voir mes besoins réels qui me sont cachés.
Je ne sais si je devrais demander une croix ou une consolation.
Je peux seulement m’attendre à toi ; mon cœur t’est ouvert.
Visite-moi et aide-moi dans ton amour inébranlable.
Frappe-moi et guéris-moi ; abaisse-moi et relève-moi.
J’adore en silence ta sainte volonté.
Je m’offre à toi comme un sacrifice vivant.
J’ai placé toute ma confiance en toi.
Je n’ai aucun autre désir que d’accomplir ta volonté.
Enseigne-moi à prier.
Prie toi-même en moi.Amen.
Métropolite Philarète de Moscou
Cette prière rejoint passablement mes prières actuelles.
Réponses à des questions que beaucoup se posent.
Posted in Foi on 21 avril 2012
Je vous partage ci-dessous une réponse assez détaillée à une interrogation dans un forum auquel je participe:
Salut …, tu demandes:
Quel est le sens de la vie ? Pourquoi Dieu a créé la vie ? La création n’a fait que permettre à des millions de personnes d’aller mourir en enfer. Si Dieu connaissait tout à l’avance, s’il savait que les hommes se rebelleraient contre lui et que des millions (milliards ?) iraient brûler en enfer, pourquoi les a-t-il créés malgré tout ? Souhaitait-il avoir pour lui des gens qui l’adoreraient pour son bon plaisir, qui lui voueraient un culte de la personnalité, même au prix de millions de vies qui souffriraient pour l’éternité ? J’ai du mal à voir l’amour de Dieu là dedans… Certes il a prévu un plan de « secours » des hommes avec la venue de Jésus. Mais si ça en a sauvé certains, il savait très bien qu’une immense quantité de personnes n’en profiteraient pas. Et pour ces personnes là, ce plan de secours ne sert à rien : elles finiront en enfer. Je n’arrive pas à voir l’amour de Dieu ici…
Je vais prendre un exemple. Personnellement, si j’avais le pouvoir de connaître l’avenir, et que je savais que mon futur enfant deviendrait, quoi que je fasse, un criminel notoire qui finira ses jours en prison et qui souffrira toute sa vie, je n’en ferais tout simplement pas ! Pourquoi créer la vie, si c’est pour que ça soit une vie de souffrance ?
Si Dieu est amour, alors il n’aurait pas créé les hommes en sachant pertinemment que la plupart iraient souffrir en enfer…
Je vais te donner les réponses actuelles à mes questions.
Je pense que nous sommes tous différents et que ce qui satisfait l’un peut laisser l’autre indifférent ou même le choquer. Nous sommes des êtres finis et nous ne pouvons donc que très imparfaitement comprendre l’infinité de Dieu.
Peut-être que certaines de mes déclarations sembleront contradictoires, et sans doute elles le sont. Mais…, la pensée hébraïque et donc la pensée biblique, est dialectique, c’est-à-dire qu’il y a toujours une thèse et une antithèse, mais au contraire de la pensée grecque, il n’y a pas de synthèse. La pensée grecque qui est à la base de la théologie européenne fige tout par thèse antithèse et synthèse. Par contre, la pensée hébraïque ne connaît pas la synthèse ; toute antithèse appelle une autre antithèse, cela conduit à un déséquilibre permanent que j’assimile à la marche en bipédie. Il y a un chapitre du Premier Testament, où il est écrit que Dieu n’est pas un homme pour se repentir et quelques versets plus loin, Dieu dit qu’il se repent. Cela pourrait ressembler à une contradiction, mais cela n’en est pas une au point de vue biblique et hébraïque. Ce sont deux réalités antithétiques qui sont comme deux lignes parallèles, elles ne se rejoignent que dans l’infini de Dieu, comme nous sommes finis, nous ne pouvons voir leur point de rencontre et la vérité unique qu’elles représentent. Cette apparence de dualité irrésolvable se trouve aussi dans le monde physique au niveau quantique, elle fait donc partie de l’essence de notre univers.
Il y a en parallèle quelque chose de très riche dans la pensée hébraïque et qui est très différent de notre pensée occidentale. Chez nous en héritage à la pensée grecque on cherche à apporter les bonnes réponses, on met l’accent sur le savoir ; au contraire, dans les écoles rabbiniques, on apprend à poser les bonnes questions, on met l’accent sur la réflexion et sur la sagesse.
Alors pour tenter de répondre à tes questions :
1° Pourquoi Dieu a créé la vie ?
Je crois que Dieu a créé l’homme dans le but d’étendre sa famille, dans le but de partager sa divinité, ou plutôt de nous intégrer dans sa divinité. Il nous a créés à son image, à sa ressemblance, parce que son but était que nous devenions participants de sa nature (2 Pi 1 :4), non en conquérant notre autonomie à l’instar d’Adam et Ève, mais par la communion avec lui. Pour que nous puissions devenir pleinement participants à sa nature, il faut que nous le choisissions librement et de tout notre cœur. Mais si nous sommes libres (à l’image de Dieu), nos choix ne peuvent être connus à l’avance. Donc Dieu ne pouvait pas savoir (même s’il pouvait s’en douter), que son dessein déraperait pareillement, et ceci dès la première génération. Néanmoins, il avait déjà prévu un plan de secours pour ceux qui s’égareraient.
2° Si Dieu connaissait tout à l’avance, s’il savait que les hommes se rebelleraient contre lui et que des millions (milliards ?) iraient brûler en enfer, pourquoi les a-t-il créés malgré tout ?
La notion de l’enfer que tu présentes, ne vient pas directement des Écritures, mais elle vient du catholicisme romain, et aussi et principalement, de la Divine Comédie de Dante. Les Orthodoxes comprennent cela différemment et ma compréhension actuelle est proche de la leur. Premièrement, je ne crois pas qu’il y aura deux lieux après la résurrection générale (en passant, notre conception habituelle d’aller au ciel après la mort provient plus du paganisme grec que des Écritures, celles-ci parlant de mort suivie dans un futur plus ou moins proche d’une résurrection générale), mais un seul lieu, où la terre (le monde physique) et les cieux (le monde spirituel) seront à nouveau pleinement réunis. À la résurrection, le jugement sera la présence sans limites de Dieu. Ceux qui auront appris à le connaître et à marcher avec lui sur cette terre, se réjouiront de le voir enfin face à face (même si leurs œuvres seront jugées par le feu), pour les autres l’intensité de sa présence consumera tout ce qu’il y a de corrompu et d’impur en eux. Certains seront purifiés par ce feu, car aucune de leurs bonnes œuvres ne sera perdue, mais il y en a d’autres, je le crains, qui seront tellement corrompus qu’ils seront consumés jusqu’à la moelle. Je pense que le nombre de ces derniers sera assez restreint.
J’aimerais ajouter une réflexion récente : j’avais des difficultés avec la notion de Dieu en colère, mais je suis tombé sur des versets qui en parlaient assez clairement (entre autres dans l’Apocalypse) et j’ai demandé à Dieu une explication. Le même jour, j’ai reçu une demande de pétition internet en faveur d’un sanctuaire pour animaux sauvages et l’auteur de la pétition parlait de sa colère contre la destruction de l’habitat d’espèces menacées. J’ai reconnu alors qu’il y a beaucoup de choses qui me mettent en colère, comme la destruction de la création, l’essai d’armes chimiques sur des civils, ou l’essai de médicaments sur des populations pauvres, l’exploitation sexuelle des enfants et des femmes, etc. Moi, je suis limité et j’oublie vite, mais Dieu est pleinement et constamment conscient de toutes ces horreurs (et de bien d’autres) et il a vraiment de quoi être en colère.
Le « Ciel », selon N.T. Wright
Posted in Foi, Traductions on 21 mars 2012
Je vous partage, en traduction, un passage du livre « Simply Jesus » de N.T. Wright que j’ai trouvé particulièrement frappant.
Aujourd’hui, dans le monde occidental, la plupart des gens imaginent que par définition, le « ciel » ne peut pas contenir un corps physique matériel comme nous le comprenons. Ceci parce que nous sommes profondément des platoniciens, qui supposent que s’il y avait un « ciel », il devrait être éthéré, hors d’atteinte de l’espace, du temps et de la matière. Mais supposons que Platon avait tort.
Supposons, en d’autres termes, que les anciennes écritures israélites étaient dans le vrai, et que le ciel et la terre n’étaient, après tout, que les deux moitiés jumelles de la réalité telle que Dieu l’a créée, destinées finalement à se réunir. Supposons que ce qui les a maintenues séparées pendant tout ce temps provient de la rébellion des créatures humaines qui avaient reçu la responsabilité de la partie « terrestre ». Et, que leur rébellion avait généré une poussée d’énergie suffisante pour que la « terre » déclare, à ce qu’il semble, l’indépendance, avec le désir de se diriger par elle-même. Et supposez que cette autonomie soit devenue extrêmement puissante, maintenant les deux sphères séparées et tyrannisant la « terre » avec l’arme habituelle des tyrans, c’est-à-dire par la mort.
Supposons, ensuite, que le Dieu créateur soit finalement venu en personne pour détruire l’arme du tyran et pour inaugurer le monde nouveau dans lequel le dessein originel de la création est enfin rempli. C’est, semble-t-il, ce que les premiers chrétiens croyaient qu’il se passait quand ils rencontraient Jésus, à nouveau bien vivant et qui apparaissait être chez lui aussi bien au « ciel » où ils ne pouvaient le voir, que sur « terre », où ils le voyaient. […] Ce dont les récits de résurrection témoignent – et qui est manifestement différent d’autres récits précédents ou suivants et qui par conséquent invitent au scepticisme qu’ils ont reçu autant dans le monde antique qu’actuel – est la naissance d’une nouvelle création. Le pouvoir qui a tyrannisé l’ancienne création a été brisé, défait, renversé. Le Royaume de Dieu est maintenant initié, et initié avec puissance et gloire, sur la terre, comme au ciel.
