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L’Évangile d’Adam

En réfléchissant à l’histoire d’Adam, j’ai été frappé de voir combien déjà l’Évangile était en germe dans ce récit. 
Il définit le dessein initial et éternel de Dieu pour l’homme. 
Dieu plaça Adam (l’homme) dans un jardin, dans une nature amie et non dans une nature sauvage où le danger guette. Il y plaça l’homme pour cultiver et garder ce jardin, donc pour gérer sa création. Dieu confie à l’homme la responsabilité de nommer les animaux qu’il a créés, il l’appelle donc à une collaboration.
 Dans ce jardin, il y avait deux arbres particuliers, l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. 
Le premier arbre montre que dès le début, Dieu voulait que l’homme vive éternellement. Je ne crois pas que le deuxième arbre était simplement là pour tenter l’homme ou pour provoquer sa chute, mais je crois qu’il aurait eu son utilité quand Adam et Ève auraient atteint un certain degré de maturité. De manière similaire, nous interdisons certaines choses à nos enfants quand ils sont petits, car elles pourraient leur faire du mal, alors que plus tard ils pourront les utiliser comme nous. Ce qui, à mon avis, renforce cette idée d’immaturité chez Adam et Ève, est qu’ils étaient parfaits à tous points de vue, appelés à s’attacher l’un à l’autre et à devenir une seule chair, mais qu’ils ne l’avaient pas encore fait, puisqu’ils ne se connurent physiquement qu’après la rupture.
 Dans ce jardin, Dieu se promenait et entretenait une relation libre et directe avec l’homme.
 Malheureusement, un être créé par Dieu outrepassa sa sphère d’influence et mena l’homme à douter de l’amour divin, puis dans la tentation et finalement dans la rébellion. 
Après cette rébellion, ce n’est pas Dieu qui se cache à l’homme, mais l’homme qui se cache de Dieu. C’est l’homme qui a rompu la relation de confiance et qui s’est séparé, perdant ainsi tous les bénéfices et la richesse de la communion avec Dieu.
Dans sa grâce toujours active, Dieu donne la promesse d’une délivrance et d’un rétablissement futur au travers d’un enfant né de la femme. 
Dieu dans un geste de grâce ultime, ferme la porte du jardin et en chasse l’homme afin que ce dernier ne vive pas l’éternité dans la rébellion et dans le manque.

 Est-ce que ce texte est vrai ou mythique, difficile de le dire, car il transmet dans un vocabulaire terrestre des réalités d’une dimension qui nous est devenue inaccessible ? Il m’est difficile de croire que l’on peut exprimer en mots terrestres les réalités célestes, on peut juste les imager.

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Un commentaire

Donner sa vie à Dieu, vraiment?

Dimanche passé, lors de la louange du culte, nous avons chanté (pas moi !) Je te donne tout, de Luc Dumont, et je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’inversé dans ce chant.
Le refrain dit :

  • « Prends mon âme
  • Prends mon cœur
  • Je te donne tout
  • Prends ma vie
  • Me voici
  • Je te donne tout
  • Mon cœur est à Toi
  • Tout à Toi. »

Celui qui a tout donné c’est Jésus et nous n’avons pas à refaire son sacrifice, il me semble.
J’ai voulu regarder ce que le Nouveau Testament dit au sujet de donner sa vie à Dieu ou au Christ. J’ai donc fait une recherche sur les versets contenant le verbe donner et le mot vie. Parmi tous ceux qui sont significatifs, la grande majorité parle de Jésus qui a donné sa vie. Les seules exceptions sont les suivantes. Pierre qui dit qu’il donnerait sa vie pour Jésus, et ceci juste avant de le renier ; un texte qui dit que l’amour c’est de donner sa vie pour ses amis ; et un qui dit que comme Jésus a donné sa vie pour nous, nous devons donner la nôtre pour nos frères.
Quand nous donnons notre vie à Dieu ne sommes-nous pas dans la présomption et de celle qui précède la chute ? Nous avons à recevoir de Dieu et à le donner aux frères et au monde. Quand « JE » donne sa vie, est-ce que « JE » ne se met pas au centre ?

Donner sa vie à Dieu est encore un de ces clichés évangéliques sans fondement biblique. À mon avis, ces clichés nous empêchent de recevoir la plénitude du don de Dieu.

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